La bourse est fermée

Patrick Artus : «Le rebond boursier est un peu prématuré mais l'acheteur a raison à moyen terme»

Diplômé de l'École Polytechnique, Patrick Artus, 68 ans, est aussi diplômé de l'Ensae et de l'Institut d'Études Politiques de Paris. Économiste, il dirige les études et la recherche de Natixis. Il est professeur à l'École d'économie de Paris. Membre du Cercle des économistes, il est l'auteur de nombreuses publications – ouvrages d'économie et chroniques régulières.

Comment évaluer l'impact de la crise du coronavirus sur l'économie ?

Patrick Artus : Cette crise est très différente des précédentes. Avec les mesures sanitaires de confinement, l'activité économique s'arrête. C'est un choc d'offre brutal, et le confinement empêche l'expression de la demande. L'évaluation est donc très provisoire. Mais nous estimons pour le moment le recul du PIB français à 30% sur un trimestre.

En Chine, l'économie ne s'est pas totalement arrêtée, sauf dans la province du Hubei, dont la population est comparable à celle de la France. Mais le reste du pays a maintenu 85% de son activité. Le recul du PIB chinois est ainsi estimé à 15% au premier trimestre. Sur le mois de février, la consommation a baissé de 20%. Ces ordres de grandeur laissent envisager que ces replis sont récupérables avec la reprise de l'activité.

Mais en France, la consommation a chuté de 35% en une semaine ! La production industrielle a reculé de 50% dans notre pays, quand elle a baissé de 13% en Chine sur la même période.

Si le traitement de l'épidémie par l'Asie (Chine, Corée du Sud, Taïwan, Hong-Kong) pouvait être répliqué dans le reste du monde, cela donnerait un scénario plus favorable. Mais ce n'est pas le cas pour le moment. Nous sommes obligés pour l'instant de raisonner en considérant qu'aucun traitement massif de la maladie ne marche efficacement.

Sinon les Chinois, qui travaillent intensivement sur le sujet depuis quatre mois, l'auraient déjà diffusé largement. Le dépistage massif doit en tout cas Cliquez ici pour lire la suite