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"Palestinian Lives Matter" : la cause palestinienne "en plein renouveau"

·5 min de lecture

La question palestinienne est revenue sur le devant de la scène internationale en raison des violences en cours, depuis le 10 mai, entre l’État hébreu et le Hamas, et des tensions à Jérusalem. Inspirée par les luttes pour l’égalité et la justice ailleurs dans le monde, une nouvelle génération de Palestiniens entend donner un nouvel élan à cette cause mise en quarantaine diplomatique depuis plusieurs années. Décryptage avec Ziad Majed, professeur à l'Université américaine de Paris et spécialiste du Moyen-Orient.

Éclipsée ces dix dernières années par d'autres enjeux régionaux comme le nucléaire iranien, la vague de révoltes arabes et la guerre en Syrie, la question palestinienne semblait être condamnée à rester cantonnée au second plan des priorités et des agendas internationaux. A fortiori après les accords de normalisation signés l’année dernière entre Israël et certains pays arabes, comme les Émirats arabes unis, qui ont ouvert une nouvelle ère dans la région.

Mais le nouveau cycle de violences en cours entre l'armée israélienne et le Hamas, sur fond de tensions autour de Jérusalem, a replacé le conflit israélo-palestinien au centre de l’attention médiatique et diplomatique.

À l'appel de diverses organisations, des rassemblements de soutien au peuple palestinien ont été organisés le week-end dernier dans plusieurs pays occidentaux : des milliers de personnes ont ainsi défendu la reconnaissance des droits des Palestiniens et dénoncé les bombardements israéliens à Gaza.

Des manifestations au cours desquelles ont notamment été scandés des "Palestinian Lives Matter", en référence au mouvement antiraciste américain "Black Lives Matter", mais aussi des "Sauvez Cheikh Jarrah", slogan renvoyant à la menace d’expulsion de familles palestiniennes de ce quartier de Jérusalem-Est, à l’origine de la flambée des violences.

Une cause d’émancipation et de libération

Au-delà des manifestations de solidarité, la cause palestinienne, malmenée par la politique des gouvernements successifs d'un Benjamin Netanyahu allié à des partis d’extrême droite, prise en otage par les roquettes du Hamas pro-iranien et les divisions politiques interpalestiniennes, et instrumentalisée par les puissances régionales comme l’Iran et la Turquie, semble avoir trouvé un nouveau souffle. De même que le débat sur l’occupation israélienne des Territoires palestiniens et celui sur la colonisation en Cisjordanie.

C’est le cas aux États-Unis, où le président Joe Biden fait face à des critiques émanant de l'aile progressiste du Parti démocrate, qui l'appelle à revoir la politique de l’appui traditionnel de Washington à l'État hébreu, et à prendre en considération les droits des Palestiniens.

>> À lire aussi : "Joe Biden sous pression de l'aile gauche démocrate à propos de la question palestinienne"

"La cause palestinienne est en plein renouveau alors que certains la pensaient déjà enterrée, analyse Ziad Majed, professeur à l'Université américaine de Paris et spécialiste du Moyen-Orient, interrogé par France 24. En réalité, elle traversait une période de transformations culturelles et politiques, grâce à une nouvelle génération de Palestiniens – présente, notamment, aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans le reste de l’Europe, ainsi que dans les Territoires palestiniens bien sûr – qui comprend de plus en plus l’importance de lier cette cause aux luttes des populations indigènes partout dans le monde et des Afro-Américains qui réclament l’égalité des droits aux États-Unis avec, entre autres, le mouvement Black Lives Matter."

Selon l'enseignant, cette approche a redéfini la question palestinienne comme une cause d’émancipation et de libération inscrite dans le sillage des luttes antiraciste et anticolonialiste. "Une stratégie ouverte sur le monde qui lui donne une dimension universelle et humaine lui permettant d'échapper aux considérations régionales, religieuses ou politiques fréquemment entendues dans les médias, et aux discours qui résument toute l’équation palestinienne aux roquettes du Hamas ou au droit d’Israël de se défendre", souligne-t-il.

Un discours qui parle "aux opprimés"

Ziad Majed constate également dans les médias occidentaux un certain espace accordé aux Palestiniens pour s’exprimer sur la réalité du terrain, bien plus qu’auparavant. "On voit également, dans les opinions publiques, sur les réseaux sociaux et dans les milieux universitaires, une mobilisation accrue en faveur des droits des Palestiniens, avec l'utilisation d’un langage de plus en plus juridique évoquant le droit international et la question des droits de l’Homme, s’appuyant notamment sur des rapports préparés par des ONG crédibles, parfois même par des organisations israéliennes ou palestiniennes travaillant sur le terrain", ajoute-t-il.

Cette transformation qui focalise l’attention "sur la dignité humaine, sur les difficultés quotidiennes des Palestiniens, sur les affres de l’occupation et la confiscation des terres par une puissance qui se targue d’être démocratique, et sur les barrages militaires et les violences commises par les colons israéliens" a offert une certaine légitimité au discours palestinien et le rend accessible et parlant à ceux qui se considèrent opprimés, juge Ziad Majed.

"La question palestinienne risque même de devenir un vrai débat aux États-Unis, fait-il remarquer. Étant donné que ce pays est le premier allié d’Israël, il est normal que la bataille se joue là-bas, et il est devenu naturel aux yeux des progressistes du Parti démocrate et des intellectuels du même bord, de même que chez certains militants américains pour les droits civils et pour l’émancipation des Afro-Américains, qu’il y ait des affinités et des synergies avec la cause palestinienne et de dénoncer, comme l’élue de New York Alexandria Ocasio-Cortez, un État d’apartheid."

Et de conclure : "Finalement, les violences actuelles viennent rappeler à ceux qui l’avaient oublié qu'il ne peut y avoir de paix dans la région sans que les droits des Palestiniens ne soient restaurés et respectés, et que, du quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem, en passant par Gaza, Haïfa, la Cisjordanie et Amman, jusqu’à Paris, Londres ou Washington, la cause palestinienne est toujours vive."