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Pétrole: procès de huit dirigeants du groupe Bourbon pour corruption en Afrique

Marc Cherqui, ancien directeur financier de la société de services pétroliers Bourbon à la sortie du palais de justice de Marseille, le 18 mars 2019 (Boris HORVAT)
Marc Cherqui, ancien directeur financier de la société de services pétroliers Bourbon à la sortie du palais de justice de Marseille, le 18 mars 2019 (Boris HORVAT)

L'ancien directeur fiscal de la société de services pétroliers Bourbon a assuré lundi avoir reçu 250.000 dollars comme "bonus" pour avoir fait baisser drastiquement un redressement fiscal au Nigeria, au premier jour du procès de responsables du groupe devant le tribunal correctionnel de Marseille.

Marc Cherqui comparaît pour corruption d'agents publics étrangers en compagnie de six dirigeants ou ex-dirigeants du groupe Bourbon, qui réalisait à l'époque un chiffre d’affaires de un milliard d'euros, ainsi que du responsable nigérian d'une de ses très nombreuses filiales.

Initialement renvoyée devant le tribunal correctionnel, la société Bourbon Corporation n'est pas représentée, sa liquidation judiciaire ayant été clôturée le 20 mars 2024. Le groupe avait été repris en 2020 par ses partenaires bancaires.

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L'affaire avait éclaté en octobre 2012 quand Marc Cherqui avait été interpellé par les douaniers de l’aéroport de Marseille-Provence. De retour d'une mission au Nigeria où il supervisait des négociations sur un redressement fiscal de filiales de Bourbon, il voyageait avec 250.000 dollars, en billets de 100, dissimulés dans sa valise.

Il avait fini par affirmer aux enquêteurs qu’il s'agissait d'un reliquat de pot-de-vin versé aux autorités fiscales nigérianes devant être remis à son employeur. Les déclarations de cet ancien inspecteur des impôts ayant réalisé toute sa carrière à l'étranger dans le milieu bancaire avaient conduit à la mise en examen de l'état- major de Bourbon.

Les 250.000 dollars avaient été remis à Marc Cherqui par un conseiller fiscal nigérian ayant conduit les négociations avec les autorités locales sur un redressement annoncé à hauteur de 227 millions de dollars.

"C’est un bonus pour le travail que j'avais fait", a déclaré lundi M. Cherqui. Selon l'accusation, l'ardoise fiscale avait été ramenée à 4,1 millions de dollars, après versement de 2,7 millions de dollars à des agents stipendiés du fisc nigérian.

- "Gratification" -

"J’attendais que Bourbon décide si je devais garder ou non cette gratification qui ne m'appartenait donc pas complètement", a dit M. Cherqui, que la présidente du tribunal Laure Humeau a confronté à sa précédente version d'un reste de négociation ramené au siège marseillais de la société.

Il a assuré avoir glissé à Christian Lefevre, alors directeur général de Bourbon, auquel il faisait un bref rapport sur le contrôle fiscal nigérian : "Au fait, j’ai reçu une gratification. Il m'a répondu : on en reparlera".

A la barre du tribunal M. Lefevre dément cette conversation. Son adjoint, Rodolphe Bouchet, alors directeur marketing Monde, conteste également avoir été mis au courant d'un "cadeau" à Marc Cherqui par la filiale nigériane. "Je ne lui ai jamais dit que la société lui serait reconnaissante", assure-t-il.

Face aux juges, M. Cherqui évoque une forme de complot. "Je ne peux pas l’affirmer mais j’ai l'impression que tout le monde était au courant, d'avoir été piégé".

Dénonçant "des pratiques fiscales agressives" de Bourbon, il suggère avoir ainsi payé une forme de rigidité. "J'avais exprimé mon désaccord profond mais j'étais dévoué. Bourbon était une très belle entreprise avec des pratiques assez choquantes".

Dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal, le juge d'instruction a déploré "une volonté effective et assumée de soustraction au paiement des impôts légitimement dus".

Questionnés sur l’origine des 250.000 dollars, les prévenus ont affirmé que la trace de leur décaissement n'a jamais été retrouvée dans les comptes des filiales nigérianes. Seul prévenu venu du Nigeria, Kunle Areogun, à l'époque directeur de Bourbon Interoil Nigeria Limited (BINL), a assuré n'avoir "aucune idée" de leur provenance.

Suggérant qu’elle aurait pu être sortie d’un coffre contenant des sommes destinées au paiement des rançons en cas d'enlèvement des salariés du groupe, la présidente du tribunal n’a pas obtenu de réponse.

"J’ai profondément honte. Mon acte je le regrette mais je le paie depuis douze ans", a assuré Marc Cherqui, évoquant "un acharnement de Bourbon" qui l'aurait empêché de retrouver un nouvel emploi.

Le procès est prévu jusqu'au 31 mai.

ll/so/tes