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Le pétrole plonge de plus de 6% en Asie après les annonces de Trump

Un navire pétrolier dans le port de Ras al-Khair (Arabie saoudite) le 11 décembre 2019

Singapour (AFP) - Les prix du pétrole chutaient de plus de 6%, jeudi matin en Asie, après l'annonce par le président américain Donald Trump d'une suspension pour 30 jours de tous les voyages entre l'Europe et les Etats-Unis.

Vers 02H00 GMT, le baril de "light sweet crude" (WTI), référence américaine du brut, pour livraison en avril, cédait 2,07 dollars, soit 6,28% à 30,91 dollars, dans les échanges électroniques.

Le baril de Brent, référence européenne, pour mai, abandonnait de son côté 2,16 dollars, soit 6,04% à 33,63 dollars.

Les cours sont particulièrement malmenés depuis quelques jours sous l'effet de la crise sanitaire mondiale du coronavirus, et de l'incapacité des producteurs à s'entendre pour diminuer l'offre.

Ils avaient encaissé lundi leur pire chute en près de 30 ans, en plongeant d'environ 25% après l'échec de discussions entre les producteurs du Golfe, au premier rang desquels l'Arabie Saoudite, et la Russie pour réduire la production, ce qui a conduit Ryad à déclencher une guerre des prix.

Les prix avaient franchement rebondi mardi, Moscou ayant esquissé un petit geste d'ouverture envers les Saoudiens, pouvant ouvrir la voie à un accord mondial sur la production.

Mais les cours sont repartis à la baisse mercredi après que le géant saoudien Aramco eut indiqué qu'il envisageait d'inonder les marchés mondiaux d'or noir.

Jeudi, ce sont les annonces de la Maison blanche qui ont envoyé les cours dans le rouge. Le président américain a notamment annoncé la suspension pour 30 jours à partir de vendredi de tous les voyages depuis l'Europe, exception faite du Royaume-Uni.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a finalement qualifié mercredi l'épidémie du Covid-19, qui a contaminé plus de 110.000 personnes dans le monde depuis fin décembre, de "pandémie".

"Si cela ne convainc pas l'Arabie et la Russie de revenir à la table des négociations, je ne vois pas ce qui pourra y arriver", a déclaré Stephen Innes, analyste chez AxiCorp, après les annonces de M. Trump.