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Origine "naturelle" du séisme en Ardèche, une carrière dédouannée (préfecture)

Des habitants inspectent les dégâts dans un quartier du Teil, le 12 novembre 2019

Lyon (AFP) - L'origine du fort séisme du Teil (Ardèche) et de ses environs, le 11 novembre, est "naturelle" et le rôle d'une carrière voisine, un temps suspectée, a été "négligeable", a indiqué mardi la préfecture du département.

Toutes les indications relevées démontrent que le tremblement de terre de magnitude 5,4 sur l'échelle de Richter "s’est produit sur une faille préexistante", explique la préfecture de l'Ardèche dans un communiqué en s'appuyant sur une étude du CNRS.

"Son origine est donc naturelle et causée par la pression entre les plaques" tectoniques. Il est par ailleurs possible que la couche marneuse épaisse puisse expliquer le nombre inhabituellement faible de répliques.

Au final, le rôle que la carrière du Teil, propriété du groupe cimentier Lafarge, "aurait pu avoir sur ce séisme apparaît donc négligeable", relève la préfecture.

Des scientifiques avaient à un moment émis l'hypothèse d'un "séisme déclenché", c'est-à-dire ayant pour origine une activité humaine, en l'espèce l'exploitation de cette carrière de calcaire.

Ce type de problème est connu. Ainsi, un séisme de magnitude 3,9, lié selon des experts à des forages de géothermie, avait ébranlé la région de Strasbourg le 12 novembre avant quatre secousses très légères, dont trois au moins causées par une activité humaine, début décembre, également en Alsace, selon le Réseau national de surveillance sismique.

Dans la Drôme et en Ardèche, le séisme du 11 novembre, qui n'a duré que quelques secondes à la mi-journée et provoqué de nombreux dégâts - en particulier au Teil - "s’est produit à faible profondeur, essentiellement à moins de 1.000 mètres, avec un mouvement de type montant/descendant sur un plan de faille".

Cependant, de nombreux bâtiments ayant été fragilisés dans cette ville de 8.500 habitants, le préfet de l’Ardèche a souhaité, par mesure de précaution, adapter l’arrêté autorisant les tirs de mine dans la carrière en limitant la vibration à 2 millimètres/seconde, soit cinq fois moins que la réglementation actuelle.

Ce niveau permettra la reprise "en toute sécurité" de cette activité non loin des constructions fragilisées, assure la préfecture.

Le dispositif de surveillance va également être renforcé avec la mise en place de deux sismographes supplémentaires installés dans deux quartiers différents de la ville.

La reprise des tirs se fera début janvier après information des élus, souligne la préfecture.