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Opportuniste, expérimenté... Sébastien Chenu, le vrai "boss" du RN à l’Assemblée

Sipa

PORTRAIT- Sébastien Chenu, opportuniste député du Nord, est l'un des rares cadres expérimentés du RN. Il cornaque les députés lepénistes au Parlement. Son accession à la vice-présidence de l'Assemblée couronne un parcours politique tumultueux.

Dans la tempête déclenchée par les propos du député RN Grégoire de Fournas, c’est lui que la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a immédiatement cherché à contacter. "Elle savait que je ne lui mentirais pas", se vante Sébastien Chenu. Et c’est lui qui a envoyé l’élu s’expliquer devant les caméras. "Une histoire grotesque, indémerdable puisque chacun croit avoir entendu de bonne foi des choses différentes", confie l’élu.

L’épisode éclaire en tout cas le rôle central joué par Sébastien Chenu au sein du groupe Rassemblement national: à la fois gardien du troupeau lepéniste et véritable "numéro deux" de la délégation parlementaire. Le député du Nord, qui siège à la droite de Marine Le Pen dans l’hémicycle, est l’un des rares cadres d’expérience du RN au Palais Bourbon. Élu en 2017, il connaît tout des rouages de l’Assemblée et sa proximité avec la cheffe de file de l’extrême droite lui assure une autorité naturelle sur ses troupes. "C’est l’un des quatre mousquetaires, avec Marine Le Pen, le secrétaire général du groupe Renaud Labaye et Jean-Philippe Tanguy", confirme le néo-député RN, Thomas Ménagé, qui loue le leadership mesuré de l’élu nordiste, "patron mais pas père fouettard."

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L’ascension d’un opportuniste

Ancien secrétaire général de l’UMP à la diversité, passé par les services d’information du gouvernement à Matignon, ex-chargé des relations publiques de France 24, Chenu est un pro de la com’, qui coachait les ministres de Nicolas Sarkozy sur leurs prises de paroles publiques. Dont le néo-macroniste Éric Woerth... Ses interventions ciselées et son ton patelin jouent à plein dans la stratégie de dédiabolisation du RN, dont il est un des visages "new-look". Son parcours politique sinueux, de la droite sarkozyste au RN qu’il a rejoint en 2014, lui vaut tous les procès en opportunisme.

Qui sait par exemple qu’il a tenté de se rapprocher d’Anne Hidalgo? En 2014, déb[...]

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