Nos facs et nos écoles continuent d’accueillir les jeunes dans des filières sans avenir

Nos services d’orientation sont tellement déconnectés de l’économie que nos jeunes, malgré les milliards dépensés, se retrouvent souvent en échec.

Alexandre Pham n’en revient toujours pas. Il y a quelque temps, ce patron de l’agence de placement Lynx RH a vu arriver dans ses bureaux une jeune bac + 5 en communication. «Cela faisait un an qu’elle cherchait du travail, elle m’a supplié de lui en trouver un», se souvient-il. L’ennui, c’est qu’elle ne correspondait à aucun des profils de ses portefeuilles. La mort dans l’âme, il a fini par lui proposer un poste d’hôtesse d’accueil dans un cabinet d’avocat d’affaires. «C’est quand même terrible de se voir cantonné dans un tel poste, quand on a fait autant d’études», s’attriste l’expert en recrutement.

Quel échec pour notre système de formation initiale ! Ce dernier a beau être l’un des plus coûteux de la planète (il engloutit chaque année 6,3% du PIB) et accueillir une forte proportion d’étudiants dans le supérieur (45% des 25-34 ans en sont diplômés, contre 30% à peine en Allemagne), il continue d’envoyer chaque année des bataillons entiers de jeunes pointer à Pôle emploi. Passons sur les quelque 140.000 d’entre eux qui en sortent tous les ans sans aucun bagage : pour eux, c’est la galère assurée. Mais l’avenir n’est pas non plus toujours rose pour ceux qui décrochent un parchemin.

Selon l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), 66% des diplômés de 2011 en droit, sciences politiques et sciences humaines avaient trouvé un emploi (pas toujours stable) un an après leur sortie de la fac. Et pour les ex-étudiants en économie, physique, biologie ou chimie, le taux ne dépassait pas 60%. Bien peu comparé au score recueilli par les jeunes ingénieurs ...

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