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Nissan: deux ans de prison requis au Japon contre un ex-collaborateur de Ghosn

·4 min de lecture

Deux ans de prison ferme ont été requis mercredi contre Greg Kelly, un ancien collaborateur de Carlos Ghosn jugé depuis un an à Tokyo pour malversations financières présumées chez le constructeur automobile japonais Nissan sous le règne de l'ex-grand patron.

Arrêté en novembre 2018 en même temps que le président d'alors de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors peu après son atterrissage à Tokyo, ce juriste américain de 65 ans ne devait être au départ qu'un second rôle dans cette affaire aussi retentissante que tentaculaire.

Mais M. Kelly s'est retrouvé en première ligne face à la justice japonaise depuis la fuite rocambolesque au Liban fin 2019 du principal accusé Carlos Ghosn, qui s'était caché dans un caisson de matériel audio pour échapper aux contrôles aéroportuaires au Japon.

D'après la loi japonaise, M. Kelly encourt jusqu'à dix ans de prison pour avoir, selon les procureurs nippons, aidé M. Ghosn à dissimuler entre 2010 et 2018 aux autorités boursières nippones 9,1 milliards de yens (70 millions d'euros au cours actuel) de rémunérations que Nissan prévoyait de lui payer ultérieurement.

M. Kelly "était derrière les efforts pour dissimuler les revenus de M. Ghosn" ont affirmé mercredi les procureurs. "Seul M. Kelly, en qui M. Ghosn avait profondément confiance, pouvait remplir ce rôle", ont-ils ajouté.

Les arguments des procureurs sont "très faibles" a toutefois réagi auprès de l'AFP Yoichi Kitamura, l'avocat de M. Kelly, se disant toujours "plutôt confiant" sur l'acquittement de son client.

M. Kelly a été souvent présenté comme le bras droit de M. Ghosn, mais "il était loyal envers Nissan et non envers M. Ghosn personnellement", selon M. Kitamura.

Les plaidoiries de la défense sont prévues le 27 octobre. Quant au verdict, il est attendu en mars, dix-huit mois après le début du procès, a confié à l'AFP une source proche du dossier.

– Amende symbolique pour Nissan –

Comme M. Ghosn, M. Kelly clame son innocence. S'il a admis que d'intenses réflexions étaient menées pour trouver un moyen légal d'augmenter les rémunérations de M. Ghosn, il assure que rien n'était gravé dans le marbre.

Il est en liberté sous caution depuis fin 2018, avec l'interdiction de quitter le territoire japonais.

M. Ghosn ne pouvait être jugé par contumace au Japon, tandis que d'autres responsables de Nissan – anciens ou actuels – n'ont pas été poursuivis, certains en raison de leur statut de lanceurs d'alerte.

À l'encontre de Nissan, poursuivi en tant que personne morale et qui a plaidé coupable, les procureurs n'ont requis qu'une amende de 200 millions de yens (1,5 million d'euros).

Le constructeur automobile, de nombreux témoins et les procureurs ont dressé durant ce procès le portrait d'un Ghosn cupide et aveuglé par son pouvoir, cherchant à contourner de nouvelles règles japonaises sur la transparence des hauts salaires dans les entreprises.

Du fait de l'importance de ses rémunérations, M. Ghosn redoutait de vives critiques au Japon mais aussi en France, l'Etat français étant actionnaire de Renault qui lui-même contrôle 43% du capital de Nissan.

– Autres enquêtes en cours –

À l'inverse, M. Kelly avait présenté à la barre M. Ghosn comme un dirigeant "talentueux" et "efficace", que Nissan cherchait à conserver, craignant qu'il ne parte chez un groupe concurrent.

M. Ghosn est convaincu que Nissan a monté cette affaire de toutes pièces pour le chasser et éviter une union plus étroite avec Renault, un projet qui était dans les cartons sous l'impulsion de l'Etat français.

Mais le Franco-libano-brésilien de 67 ans intéresse aussi la justice française concernant d'autres enquêtes, comme des paiements suspects de Renault-Nissan et des soupçons de bénéfice personnel. Il ne peut cependant être mis en examen hors du territoire français.

En juillet, les Américains Michael Taylor et son fils Peter Taylor, qui avaient aidé M. Ghosn à fuir au Liban, ont été condamnés respectivement à 24 et 20 mois de prison au Japon où ils avaient été extradés en mars par les États-Unis. Ils n'ont pas fait appel.

M. Ghosn fait toujours l'objet d'une notice rouge d'Interpol à la suite d'un mandat d'arrêt émis par le Japon après sa fuite, mais le Liban n'extrade pas ses ressortissants.

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