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Nicaragua: le scrutin du 7 novembre est un « simulacre » d'élections pour l'UE

·3 min de lecture

Le Nicaragua organise dans un peu moins de 3 semaines, des élections présidentielles et législatives. Un scrutin qualifié de « simulacre », lundi 18 octobre par le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Ce dernier accuse le président Daniel Ortega de « dérive autoritaire inacceptable » et d'avoir « éliminé l'opposition politique » pour se maintenir au pouvoir.

L'Union européenne a signifié lundi 18 octobre que les Vingt-Sept ne reconnaîtraient pas les résultats des élections générales du 7 novembre. Le Nicaragua est « une des pires dictatures au monde », où l'opposition a été « éliminée », a dénoncé Josep Borrell. Avant cette déclaration du Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Sécurité, plusieurs hauts fonctionnaires nicaraguayens étaient déjà touchés par des sanctions américaines et européennes, principalement des interdictions de séjour et le gel de leurs avoirs.

La semaine passée, Silvio Prado, ancien responsable sandiniste, était en France pour faire entendre ses trois principales revendications à la communauté internationale : « Il ne faut pas reconnaître le résultat de ces élections. Il faut refuser cette fausse légitimité. Il faut continuer à faire pression pour la libération des prisonniers politiques et surtout juger les responsables des assassinats de 2018 [lors des manifestations de grande ampleur ndlr]. »

Daniel Ortega, sans réel opposant pour la présidentielle

En face de Daniel Ortega qui se présente à un 4e mandat consécutif, avec sa femme Rosario Murillo, il n'y a, en effet, pas grand monde. Sept candidats à la présidentielle sont en prison, arrêtés ces derniers mois. Deux autres ont fui, au Costa Rica voisin, pour éviter une incarcération. Il n'y a donc plus aucun candidat sérieux en face du président sortant. Silvio Prado, ancien membre du Front sandiniste de libération nationale, le parti de Daniel Ortega, dit d'ailleurs ne rien attendre de ces élections. « Je pense que ça sera des élections qui n'auront aucune importance pour l'avenir de mon pays. Il n'y aura pas de compétition libre et transparente. »

Ce dernier était dans les années 1980, chargé du bureau occidental du département des Relations internationales. Il a coupé les ponts au début des années 1990 lors du premier Congrès du parti, après la défaite électorale cuisante de Daniel Ortega à la présidentielle. Pour lui, c'est à ce moment que débute des dérives au sein du parti : « Ils ont commencé une politique contre les critiques dans le parti sandiniste. Ce n'était plus le parti ouvert que j'avais connu. Il est devenu une entreprise de famille. C'était clair qu'il y avait un projet qui n'admettait pas la discussion. »

Des lois liberticides

Selon Silvio Prado, maintenant il n'y a plus aucune marge de manœuvre pour l'opposition au Nicaragua : « Les signaux qui arrivent du Nicaragua montrent que toute mobilisation sociale ou démonstration sont complètement étouffées. »

Les lois liberticides votées par un Parlement acquis à Daniel Ortega ont notamment empêché toute opposition. Depuis le grand mouvement social de 2018 lors duquel plus de 300 personnes ont trouvé la mort, ce Parlement a voté une loi pour la régulation des agents étrangers qui vise les ONG qui reçoivent des fonds internationaux ou encore une loi sur les cyber-délits, qui permet aux autorités d'emprisonner les auteurs de fake news.

En réalité, comme l'explique Silvio Prado, cela touche tous ceux qui critiquent les politiques du gouvernement. Par exemple, beaucoup de médecins ont critiqué la gestion de la crise du Covid-19. Certains ont dû fuir le pays à cause de menaces, tandis que d'autres ont perdu leur emploi : « C'était une façon de remettre en place la peur. La peur que le peuple a perdue en 2018 a été rétablie en 2020. »

La presse aussi touchée

Cette peur touche aussi les journalistes locaux. Selon le syndicat de la presse, au moins 20 médias indépendants ont disparu sous le gouvernement Ortega, à la suite de confiscations de matériels ou de fermetures forcées. Le gouvernement nicaraguayen nie toute persécution politique. Il accuse ses détracteurs d'être financés par Washington pour renverser le régime.

En tout cas, tant sur le plan de la gestion de la crise sanitaire, que sur les mesures face à la crise économique, l'augmentation du coût de la vie... le contexte électoral n’est pas favorable à Daniel Ortega selon Silvio Prado : « Dans des conditions normales d'élections libres, ouvertes et transparentes, Ortega n'avait aucune chance de gagner. Aucune ! Ça aurait été impossible. »

►À écouter aussi : Journal d'Haïti et des Amériques - Nicaragua : « la fuite en avant »

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