La bourse est fermée

Nguer prône des relations décomplexées avec l’Afrique

« Le franc CFA était trop chargé émotionnellement. On a bien fait de changer de nom. » Momar Nguer, qui faisait partie de la délégation accompagnant Emmanuel Macron en Côte d’Ivoire du 20 au 22 décembre, se félicite de l’annonce « historique » du président français et de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara : la fin du franc CFA - « franc des colonies françaises » -, remplacé par l’eco. Pour le nouveau président du comité Afrique du Medef, le CFA restait un symbole de l’ex-puissance coloniale. Mais, sur le fond, il admet qu’il n’y aura pas de grand changement. L’eco restera lié à l’euro, avec une parité fixe, et la France apportera toujours une ligne de crédit en devises à ses Etats.

A 59 ans, ce Franco-Sénégalais, membre du comité exécutif de Total, prône des relations « décomplexées » entre la France et l’Afrique, débarrassées de la « charge émotionnelle » héritée de la colonisation : « L’Afrique parle à tout le monde. Il n’y a pas de tête à tête incestueux avec la France. » Même si en Côte d’Ivoire, symbole du pré carré français, les entreprises tricolores ont raflé de gros contrats lors de la visite de Macron, notamment la construction du métro d’Abidjan (1,3 milliard d’euros) par Bouygues, Keolis et Alstom. Et même si la « Françafrique » a marqué ces dernières décennies, avec des relations troubles entre la France et les chefs d’Etat africains, illustrée par l’affaire Elf, société depuis absorbée par Total. « La Françafrique, je n’ai jamais compris ce que c’était, lance-t-il. Il n’y a pas de quoi stigmatiser la France. Les Américains ont eu les mêmes relations avec l’Amérique latine, par exemple. »

Sa réussite : une exception

Symbole fort, Nguer est le premier Africain à défendre les couleurs des entreprises françaises sur le continent. Né à Thiès, à 70 kilomètres de Dakar, sa réussite est l’exception au sein d’une diaspora africaine qui ronge son frein. « Contrairement aux Etats-Unis et au Royaume- Uni, la France ne valorise pas cette diaspora, qui a fait [...]

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