La bourse est fermée

Vous ne pourrez bientôt plus mentir à votre assureur

À coups d’intelligence artificielle et de big data, les assureurs créent des systèmes ultra sophistiqués pour évaluer nos prises de risque et flairer nos petits bobards. Intrusif en diable.

Pour gruger les experts du premier groupe mondial du secteur des assurances, le chinois Ping An, il faut se lever tôt. Car, en fait d’experts, le géant de Shenzhen (166 millions de clients, 123 milliards d’euros de chiffre d’affaires) a surtout recours à l’intelligence artificielle pour décider. Ses ingénieurs ont notamment développé un logiciel d’analyse des expressions du visage, comme les tics ou les cillements de paupières révélateurs d’une gêne. Les nombreuses déclarations de sinistres adressées par vidéo sont ainsi passées au peigne fin par des machines, comme si l’assuré était soumis à un détecteur de mensonges. Imparable…

Qu’on se le dise : les apprentis sorciers de l’assurance ont le vent en poupe. Sous leur influence, le secteur vit une incroyable mutation technologique, qui révolutionne la gestion du risque et la relation entre les compagnies et leurs clients. En résumé, ces derniers n’auront bientôt plus les moyens de cacher grand-chose à leur prestataire. L’utilisation par les assureurs de nouveaux moyens comme le big data et le "machine learning" permet en effet d’aller toujours plus loin dans l’exploitation des données personnelles, comportementales et de santé, et de connaître l’assuré sous toutes les coutures.

Une manière de mieux répondre aux besoins, justifient les professionnels. Mais aussi la porte ouverte à des dérives dont on ne mesure pas l’ampleur. Ce système de notation high-tech débouchera- t-il sur une individualisation de l’assurance, privilégiant les "bons" risques plutôt que les "mauvais", et menaçant le principe de mutualisation ?

Cofondateur de la société américaine Lapetus, Jay Olshansky, un scientifique spécialisé en gérontologie, est pour sa part persuadé que l’industrie va dans la bonne direction. "C’était une sorte de dinosaure qui faisait la même chose depuis des années", explique le patron de cette start-up basée en Caroline

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