La bourse est fermée

Le déficit du régime de retraite est imaginaire, selon un collectif

Les forces d’opposition à la réforme des retraites se fédèrent. Réunies au sein du collectif Réseau retraites, des associations et des organisations syndicales (Attac, la CGT, les économistes atterrés, la Fondation Copernic, la FSU, le collectif citoyen Nos retraites, Solidaires et l’Unef) dénoncent la dramatisation du Conseil d’orientation des retraites (Cor) sur la santé financière du régime. “Derrière ce rapport, se cache la volonté du gouvernement de mettre en place rapidement une réforme des retraites qui concerne tout le monde et pas seulement les générations nées à partir de 1963 comme le préconise le rapport de Jean-Paul Delevoye”, redoute Agathe du collectif citoyen Nos retraites. D’après ce collectif, les chiffres présentés par le Cor sont discutables. Les explications de l’un de ses membres, d’Henri Sterdyniak, des économistes atterrés.

Capital : Pour vous, ce nouveau rapport du Conseil d’orientation des retraites (Cor) n’apporte rien de neuf ?

Henri Sterdyniak : En demandant ce rapport du Cor, l’objectif du gouvernement est clair. Il s’agit pour lui de montrer que le système est déficitaire et donc qu’il faut des mesures de correction avant 2025, date envisagée pour la mise en place de la retraite par points. Le Cor a donc publié un rapport relativement balancé annonçant certes un certain déficit pour 2025 (compris entre 8 et 17 milliards d’euros en fonction des scénarios, ndlr), mais reconnaissant que son évaluation provient de conventions comptables discutables.

Capital : Comment interpréter l’annonce de ce déficit ?

Henri Sterdyniak : Je préfère parler de pseudo-déficit. Il faut bien comprendre qu’il provient essentiellement de la baisse des ressources affectées au système, en raison du fort recul de la part de la masse salariale du secteur public, de la non-compensation de certaines exonérations de cotisations sociales, de la baisse des transferts de l’Unedic et de la CAF. C’est pour cela que je parle de conventions comptables discutables. Car si une autre

(...) Cliquez ici pour voir la suite