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A Moscou, début d'un vote controversé sur un monument face aux services secrets

·2 min de lecture

Félix Dzerjinski, le fondateur de la police politique soviétique, se dressera-t-il à nouveau face au siège des services secrets russes dans le centre de Moscou ? Trente ans après l'avoir déboulonné, les Moscovites votent depuis jeudi sur le retour d'un monument à sa gloire.

Ils ont jusqu'au 5 mars pour s'exprimer dans cette consultation en ligne et choisir entre "Félix de Fer" qui fonda la redoutable Tchéka, l'ancêtre du KGB, et le prince Alexandre Nevski, un héros national russe du XIIIe siècle et saint orthodoxe.

Le monument trônera sur la Loubianka, une célèbre place dominée par le siège des actuels services de sécurité russe (FSB), à quelques centaines de mètres du Kremlin.

En milieu d'après-midi jeudi, plus de 100.000 votes avaient déjà été enregistrés sur le site internet de la capitale, Alexandre Nevski dominant très légèrement avec 51% des voix.

"J'aimerais voir Dzerjinski parce qu'il me semble être une figure plus historique et a eu un énorme impact sur l'histoire de la Russie", a déclaré à l'AFP un étudiant, Valentin Belikov, sur la place Loubianka.

Ce vote intervient alors que la nostalgie de l'URSS progresse depuis plusieurs années en Russie. Quelques statues de Staline ont par exemple été érigées à travers le pays et les jeunes générations connaissant de moins en moins l'histoire des crimes soviétiques.

Un sondage du centre indépendant Levada, publié en juin 2020, a montré que 41% des Russes de 18 à 24 ans connaissaient peu ou pas du tout les répressions staliniennes.

Une statue de Félix Dzerjinski (1877-1926) trônait sur la place Loubianka de 1958 jusqu'au 22 août 1991, quand elle fut déboulonnée alors que 100.000 personnes célébraient l'échec du putsch contre Mikhaïl Gorbatchev et sa politique de démocratisation, qui précipita la dissolution de l'URSS.

La statue en bronze de 11 tonnes, couverte de graffiti, se trouve actuellement dans un parc de monuments soviétiques dans le centre de Moscou.

Les nostalgiques de l'URSS appellent régulièrement à son retour place Loubianka.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé jeudi aux journalistes ne pas connaître l'opinion de Vladimir Poutine, ex-agent du KGB, sur la question.

alf-emg/tbm/rco/sba