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Wall Street s'envole, les Bourses européennes et asiatiques hésitent

Anne PADIEU, Juliette RABAT, Daniel HOFFMAN
A la Bourse de New York, le 2 mars 2020

Paris (AFP) - Wall Street a rebondi de façon spectaculaire lundi, les investisseurs américains anticipant une initiative des banques centrales pour compenser le trou d'air causé par l'épidémie de coronavirus, tandis que les marchés européens et asiatiques ont débuté la semaine plus timidement.

Après avoir connu sa baisse hebdomadaire la plus violente en douze ans, Wall Street s'est envolé lundi: son indice vedette, le Dow Jones -- qui s'est effondré de plus de 12% la semaine dernière -- a grimpé de 5,1%, alors que le Nasdaq s'est envolé de 4,5%.

Les investisseurs ont été rassérénés "par l'attente de mesures de soutien budgétaire ou monétaire", a estimé Karl Haeling de LBBW.

Ils semblent particulièrement attendre "une sorte d'annonce sur une possible action coordonnée après la réunion téléphonique prévue mardi" entre les banquiers centraux et ministres des Finances du G7, a-t-il ajouté.

Cette réunion sera dirigée par le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, et le président de la Réserve fédérale (Fed) Jerome Powell.

Ce dernier a assuré vendredi dans un communiqué de presse que la banque centrale américaine se tenait prête à intervenir si nécessaire face aux effets sur l'économie de l'épidémie de coronavirus.

Les Bourses européennes, emboîtant le pas aux marchés asiatiques, ont en revanche clôturé en ordre dispersé, au terme d'une séance marquée par de multiples hésitations et revirements.

La Bourse de Paris a clôturé en hausse de 0,44% et celle de Londres de 1,13%. Francfort a cédé de son côté 0,27%, tandis que Milan a connu une nouvelle séance de forte baisse (-1,50%), l'Italie ayant enregistré près de 500 nouvelles contaminations en 24 heures.

"Nous en sommes toujours au stade des hypothèses et les nouvelles ne sont toujours pas très rassurantes", a prévenu Andrea Tuéni, analyste de Saxo Banque, pour qui le marché reste très indécis.

Alors que l'Union européenne a relevé son évaluation du risque à "modéré à élevé", l'OCDE a ramené sa prévision de croissance planétaire de 2,9% à 2,4% et prévenu que l'impact pourrait être bien plus fort si l'épidémie dure.

Le commissaire européen chargé du Marché intérieur, Thierry Breton, a évoqué un risque de récession en Allemagne et en Italie en début d'année. Il a également évalué à un milliard d'euros par mois les pertes pour l'industrie européenne du tourisme.

Mais "face à cet obstacle pour la croissance mondiale, il ne fait pas de doute que les banques centrales vont poursuivre et accentuer leurs politiques ultra accommodantes. La Banque de Chine a déjà commencé. La Réserve Fédérale américaine (Fed) et la BCE devraient l'accompagner", prévient Emmanuel Auboyneau, gérant associé chez Amplegest.

- Vers une réponse monétaire et budgétaire -

L'attente d'une action des gouvernements et banques centrales n'est pas nouvelle mais elle s'est renforcée depuis le communiqué de M. Powell de la semaine dernière.

Les investisseurs ont lu dans son message la possibilité d'une prochaine baisse des taux directeurs américains, potentiellement dès ce mois-ci. Ils pariaient lundi sur une baisse des taux d'un demi point de pourcentage - un geste rare - lors de la prochaine réunion de la Fed, les 17 et 18 mars.

La Banque d'Angleterre a dit de son côté travailler "étroitement avec le Trésor et la FCA (le régulateur financier, ndlr) ainsi que (ses) partenaires internationaux pour s'assurer que tout est mis en œuvre pour protéger la stabilité financière et monétaire".

Avant elle, la Banque centrale du Japon (BoJ) s'était clairement engagée à intervenir pour garantir la stabilité des marchés financiers.

Le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, a également appelé lundi les pays de l'UE à agir pour soutenir l'économie, évoquant une "réponse budgétaire coordonnée des pays européens".

"Le passage à l'acte va dépendre des évolutions sur le double front de l'épidémie et de la croissance, et sa déclinaison devrait prendre la forme d'une utilisation large des leviers de politique économique disponibles", anticipe Hervé Goulletquer, directeur adjoint de la recherche à la LBPAM.

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