Marchés / bilan hebdomadaire : message reçu 5/5 pour le CAC

COURS LIÉS

SymboleCoursVariation
PUB.PA62,15-1,29
EDF.PA28,790,15
GAZ-U.TI19,850,03
DBK.DE32,150,11
GLE.PA43,720,31

La semaine boursière s'est révélée assez propice sur les marchés mondiaux et notamment sur la place parisienne. L'indice phare CAC 40 (Brussels: INCAC.BR - actualité) a aligné cinq séances de légère progression, pour cumuler des gains hebdomadaires de 1,4%, de retour sur la zone des 3.600 pts. L'indice parisien clôturait ce vendredi en timide augmentation de 0,11% à 3.606 pts. Les statistiques européennes restent assez préoccupantes, avec un ralentissement allemand qui se précise. Les opérateurs ont quoi qu'il en soit opté pour un certain optimisme de fin d'année, retrouvant un relatif appétit pour le risque et revalorisant certains dossiers délaissés.

La majorité des membres du Comité de politique monétaire de la Banque centrale européenne se sont montrés ouverts à une baisse des taux lors de leur dernière réunion, affirment trois personnes ayant eu connaissance des délibérations du Conseil des gouverneurs. Une baisse des taux dès le début de l'année prochaine est ainsi envisagée si l'économie ne se redresse pas. Les taux ont été maintenus en état en raison des préoccupations des membres au sujet du signal négatif qu'une baisse aurait pu envoyer aux marchés alors que la BCE révisait en même temps substantiellement ses prévisions de croissance et d'inflation, précisent les sources à Bloomberg. La baisse des taux sera ainsi examinée à nouveau le mois prochain, explique l'une des sources.

Le président de la BCE Mario Draghi a déclaré hier que s'il y avait eu un "large débat" sur les taux d'intérêt, "le consensus qui prévalait était de laisser les taux inchangés". La BCE a maintenu son indice de référence à un niveau bas record de 0,75% et a maintenu le taux de dépôts à zéro.

L'économie allemande devrait nettement ralentir l'an prochain, de l'aveu même de la Bundesbank. Selon les dernières perspectives semestrielles de la Banque centrale, le PIB allemand devrait augmenter de seulement 0,4% l'an prochain (0,5% ajusté des effets calendaires) contre une hausse de 1,6% anticipée jusqu'ici et après une progression de 0,7% en 2012 (+0,9% ajustée des effets de calendrier). Les perspectives cycliques de l'économie allemande se sont assombries.

Les entreprises réduisent leurs investissements et embauchent moins de nouveaux employés. Les principaux freins ne sont pas seulement les récessions dans certains pays de la zone euro, mais aussi le ralentissement de l'économie mondiale. Néanmoins, dans sa dernière projection, la Bundesbank ne prévoit pas de ralentissement prolongé, mais prévoit plutôt un retour à une trajectoire de croissance rapide. Cette affirmation repose sur l'hypothèse que l'économie mondiale retrouve de l'élan et que le processus de réforme dans la zone euro progresse encore, explique la Banque.

Toutefois, étant donné la situation économique difficile dans certains pays de la zone euro et l'incertitude généralisée, la croissance économique sera plus faible que prévu. En 2014, le PIB réel pourrait augmenter de 1,9% si le secteur bancaire de la zone euro et la crise de la dette souveraine ne dégénèrent pas et que l'incertitude parmi les investisseurs et les consommateurs diminue progressivement. Le taux de chômage pourrait augmenter outre-Rhin à 7,2% en 2013 avant de retomber à 7,0% en 2014. Enfin, la Bundesbank estime que l'inflation des prix à la consommation pourrait tomber de 2,1% en 2012 à 1,5% en 2013 avant de remonter légèrement à 1,6% en 2014.

D'après le Département américain au Travail ce vendredi, les créations de postes non-agricoles aux Etats-Unis pour le mois de novembre 2012 se sont établies au nombre de 146.000, contre un consensus de 80.000 seulement. Le taux de chômage est ressorti quant à lui à 7,7%, contre 7,9% de consensus et 7,9% en octobre.

Dans le secteur privé, 147.000 emplois auraient été générés en novembre. L'emploi dans la construction a par contre reculé de 20.000.

Notons toutefois que les créations de postes totales d'octobre ont été révisées à 138.000, contre 171.000 précédemment. Le nombre des personnes sans emploi en novembre a peu évolué, à 12 millions. Les créations de postes d'octobre ont été revues à la baisse, comme celles du mois de septembre, qui ont été ajustées à 132.000, contre 148.000... Ainsi, le taux de chômage des USA est retombé au plus bas depuis décembre 2008. L'ouragan Sandy n'aurait par ailleurs eu qu'un impact limité sur les chiffres de novembre, à en croire le gouvernement.

De source destinataire de l'étude, l'indice de confiance des consommateurs américains de l'Université du Michigan et Reuters a rechuté cependant à 74,5 pour le mois de décembre 2012, largement inférieur à un consensus logé à 83 et au niveau de 82,7 affiché fin novembre. Le sous-indice relatif aux anticipations des consommateurs américains a plongé quant à lui à 64,6, au plus bas depuis fin 2011. Il s'agissait de la première lecture de cet indice du sentiment des consommateurs pour le mois de décembre aux Etats-Unis.

LES VALEURS

EADS (Euronext: EAD.NX - actualité) s'est envolé de 15% cette semaine ! Les marchés avaient anticipé la réorganisation du capital, qui offre une relative émancipation de la société par rapport aux gouvernements qui ont participé à sa création. Hier, la sortie de Daimler (Xetra: 710000 - actualité) du capital, loin de peser sur le cours, a dopé l'action de 8%. L'industriel allemand a placé 61,1 millions d'euros auprès de Dedalus, KfW et des investisseurs tiers dans le cadre d'une procédure accélérée, réalisée à 27,23 euros par titre, soit un montant total de 1,66 milliard d'euros. La demande s'est révélée extrêmement forte, avec une offre sursouscrite plusieurs fois. La banque d'investissement allemande KfW se retrouve avec 2,76% des parts d'EADS et Dedalus avec 1,9%. Daimler conserve 7,5% du tour de table.

Pour Jefferies, la réorganisation est "complexe" mais le message que choisit de retenir le courtier est que le groupe EADS va devenir une entreprise plus "normale"... S'ajoute à cela le programme de rachat de titres, ce qui conforte le broker dans son opinion à l'achat et dans sa valorisation du dossier à 37 euros...

Alstom (Euronext: ALO.NX - actualité) s'est enflammé de 6% sur cinq jours. Le groupe a remporté un appel d'offres de 5,8 milliards de dollars (4,44 MdsE) en Afrique du Sud. Le contrat porte sur la livraison de trains de voyageurs sur une période de dix ans. Ce contrat, l'un des plus importants jamais conclu par le gouvernement sud-africain, prévoit la livraison de 3.600 nouveaux wagons qui devront permettre de moderniser le réseau de chemin de fer de la première économie africaine. Plusieurs groupes avaient répondu à l'appel d'offres, dont le canadien Bombardier, l'espagnol CAF (Madrid: CAF.MC - actualité) , le suisse Stadler Rail ou encore les chinois North Rail et South Rail.

Bouygues (Dusseldorf: BYG.DU - actualité) est remonté de 5% sur cinq séances, dans le sillage d'Alstom dont le groupe détient plus de 29% du capital. La note de Jefferies, qui a réduit de 17 à 16 euros son objectif de cours sur Bouygues cette semaine, maintenant une recommandation "sous-performance" sur le dossier, est passée inaperçue. Les perspectives 2013 restent fragiles selon l'analyste, notamment du côté de Bouygues Telecom qui continue d'afficher des performances inférieures à celles d'Orange et de SFR. Le bureau d'études pense aussi que le dividende est appelé à baisser l'an prochain...

Société Générale (Paris: FR0000130809 - actualité) a poursuivi son rebond, avec un gain hebdomadaire de 5% également. Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie et des Finances, a confirmé la volonté du gouvernement d'appliquer la promesse du candidat Hollande concernant la séparation des activités bancaires. Si le projet reste encore flou et doit prochainement être présenté au Parlement, le Ministre assure : "Je vais appliquer cette mesure. Il faut une réforme profonde, ferme, qui tienne en compte de l'industrie bancaire". Pour autant il ajoute : "Je ne vais pas casser les banques en deux. Il n'y aura pas BNP Paribas Banque et BNP Paribas (Other OTC: BNPQF.PK - actualité) affaires. (...) Ce que nous allons faire c'est séparer les activité spéculatives des autres activités et nous allons interdire des activités purement spéculative comme le trading haute fréquence". Le Ministre a aussi évoqué l'interdiction du trading sur matières premières. "On va filialiser, contrôler, interdire. C'est un projet important dans la lignée des normes européennes et américaines", a ajouté Pierre Moscovici, faisant référence aux lois Volcker.

Publicis (Paris: FR0000130577 - actualité) a gagné 4% sur la semaine. Selon nos informations, Cheuvreux a inséré le dossier ce jour dans sa "Selected List", rehaussant son cours-cible de 47 à 53 euros. Le titre devrait bénéficier du fort levier opérationnel du groupe sur ses investissements numériques, alors que la société est capable de capter la croissance dans une industrie du marketing élargie. Après les faibles revenus du troisième trimestre, Publicis a récemment été rassurant en indiquant que sa marge brute avait progressé de 7% en octobre. Bien qu'il existe encore des craintes de nouvelles coupes budgétaires publicitaires pour décembre, les performances d'octobre et les solides ventes au détail aux États-Unis en novembre réduisent le risque d'une baisse des estimations du consensus, estime le courtier.

Sanofi (Paris: FR0000120578 - actualité) s'est redressé de 4% sur cinq jours de bourse. Le CM-CIC est resté à "conserver" sur le dossier, visant un cours de 61 euros en estimant que le Brésil est "un bon exemple de la stratégie de Sanofi dans les pays émergents". "Sanofi a organisé un séminaire thématique centré sur l'Amérique latine en général, avec un focus sur le Brésil, dont l'économie florissante autorise une croissance très importante des dépenses de santé", explique le broker. "L'attitude volontariste de Sanofi au Brésil (unités de production locales, présence marketing accrue, acquisition ciblée...) caractérise la stratégie du groupe dans les pays émergents (EMs (SNP: ^EMSY - actualité) )".

Gemalto (Euronext: GTO.NX - actualité) s'est adjugé presque 6%, vers un nouveau sommet avant son intégration dans le CAC 40 le 24 décembre. Après avoir encaissé la baisse des marchés en 2011, le titre aura connu une année 2012 exceptionnelle avec un doublement du cours, quasiment en "ligne droite". Quant à l'arrivée de Gemalto dans l'indice de la bourse de Paris, que de chemin parcouru. L'introduction en bourse ne remonte qu'à un peu plus de 8 ans. Le groupe se nommait alors Axalto (Paris: NL0000400653 - actualité) et sa mise en bourse s'était déroulée en mai 2004 à l'initiative de sa maison-mère Schlumberger (NYSE: SLB - actualité) . L'introduction en bourse s'était d'ailleurs déroulée sans étincelles lors des premières cotations, le groupe pesant à peine 600 millions d'euros, soit 11 fois moins qu'aujourd'hui.

Le déclencheur de cette belle histoire aura bien sûr été le rapprochement avec Gemplus en 2006, donnant alors naissance au groupe Gemalto. Une fusion qui avait pris du temps avant de séduire les investisseurs puisque le processus d'intégration des deux groupes aura mis plusieurs années avant que les synergies envisagées ne se concrétisent. L'année de ce rapprochement, le titre avait même perdu jusqu'à plus de 35% ! Ce parcours boursier consacre aussi celui d'un dirigeant, le Directeur Général Olivier Piou, qui était déjà à ce poste en 2004... Fin 2005, lors de l'annonce du rapprochement avec Gemplus, Olivier Piou parlait alors d'un projet "tout à fait extraordinaire avec deux sociétés en pleine santé, en pleine croissance qui partagent la même vision de l'avenir dans le domaine du numérique". Une phrase qui sonne encore mieux aujourd'hui.

GDF Suez (TLO: GAZ-U.TI - actualité) , par contre, a plongé de 12% sur cinq séances, au plus bas de son histoire boursière. Le plan d'économies annoncé par le groupe a effrayé la plupart des analystes, à l'image de la Deutsche Bank (Xetra: 514000 - actualité) ou de Bank of America ML, qui ont abaissé de "acheter" à "conserver" leurs opinions ce matin, notamment parce les nouveaux objectifs 2013 et 2014 énoncés sont sensiblement inférieurs à ce que prévoyaient en moyenne les professionnels. Raymond James a aussi dégradé le dossier à "sousperformance" au vu de la nouvelle feuille de route du groupe pour 2015. "Face à une conjoncture difficile en Europe (Chicago Options: ^REURUSD - actualité) en 2013 et 2014, GDF SUEZ a décidé d'accélérer sa transformation, de simplifier les structures du Groupe, de réduire ses coûts, ses investissements et sa dette", a expliqué pour sa part Gérard Mestrallet.

L'énergéticien va accélérer son développement dans les pays émergents. Il fera notamment des efforts sur le Gaz nature liquéfié, la production indépendante d'électricité, mais aussi sur ses points forts que sont l'efficacité énergétique et énergies renouvelables.
Le groupe annonce aussi une simplification de son organisation et un recentrage accrû sur les activités énergétiques. GDF Suez se renforce sur les marchés d'avenir : bioénergies, villes du futur, stockage d'électricité, smart énergie, gaz non conventionnel. Troisième point, le programme d'optimisation d'actifs portera sur 11 MdsE sur la période 2013-2014. Les sorties de périmètres (cessions et déconsolidations d'actifs) seront concentrées principalement sur les marchés matures conformément aux orientations stratégiques du groupe. GDF Suez va, en revanche, se renforcer sur les segments d'avenir tels que les bioénergies, les villes du futur, le stockage d'électricité, la smart énergie ou encore les gaz non conventionnels. Pour 2013, GDF Suez vise résultat net récurrent part du Groupe entre 3,1 et 3,5 MdsE, à climat moyen et régulation stable. Le ratio dette nette/Ebitda est souhaité inférieur ou égal à 2,5x, pour maintenir une notation de catégorie A.

Dans ce contexte, le Conseil d'administration réaffirme sa confiance et son attachement à la politique de dividende du Groupe. Il proposera un dividende maintenu à 1,5 euro au titre de l'exercice 2012 lors de l'Assemblée générale du 23 avril 2013...

EDF (Paris: FR0010242511 - actualité) a rendu encore 1% environ cette semaine. Moody's Investors Service a indiqué mercredi avoir abaissé la perspective crédit d'EDF, de "stable" à "négative". La note senior non garantie est pour le moment confirmée à "Aa3 (SNP: ^AA3Y - actualité) ". L'agence explique son choix par la récente décision du Conseil d'Etat relative à ERDF, la filiale d'EDF responsable de la distribution d'électricité aux particuliers, qui aurait perçu 8,8 milliards d'euros en trop depuis juin 2009.