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Si le marché suffisait à tout, à quoi bon la politique ? par André Comte-Sponville

·2 min de lecture

Edito- Jean Castex a annoncé le blocage des prix du gaz et de l'électricité après plusieurs hausses pour cette hiver. André Comte-Sponville revient sur cet événement.

Cétait en 1921, donc aux lendemains de la Première Guerre mondiale. Le philosophe Alain, qui l'avait faite et y avait perdu les meilleurs de ses élèves, constatait amèrement : « Il suffit d'une loi ou d'un décret pour que des hommes s'exposent à la mort ; mais aucun décret ni aucune loi ne peut faire baisser le prix du beurre. »

C'était l'actualité du moment : un arrêté ministériel venait, deux mois plus tôt, de fixer le prix du beurre à 7,25 francs le demi-kilo. J'en conclus, sans quoi le texte d'Alain serait inintelligible, que ce ne fut guère efficace, ou qu'on trouvait moins de beurre dans les épiceries qu'au marché noir, où il coûtait beaucoup plus cher… En bon libéral de gauche, notre philosophe ne s'en étonne pas : les hommes obéissent ; les prix, non. Cela le rassurerait plutôt. L'Etat touche ici sa limite, qui est la libre rencontre de l'offre et de la demande. Cela vaut mieux qu'un Etat totalitaire, qui prétend tout régenter, ou qu'une politique de gribouille, qui ruinerait le pays par souci de justice. On se trompe si l'on croit que « la main invisible » du marché suffit à la justice.

Biens de première nécessité

Est-ce à dire que tout contrôle des prix est toujours néfaste ? Point forcément, mais plutôt qu'il ne saurait être la règle. Quant aux exceptions, interrogez économistes et politiques, qui en débattent. La question revient à l'ordre du jour en même temps que l'inflation, qui menace à nouveau. C'est surtout vrai . Ce sont des biens de première nécessité, dont le coût, lorsqu'il augmente, dégrade le niveau de vie des plus pauvres de nos concitoyens. Que l'Etat veuille les protéger, c'est la moindre des choses. Reste à savoir comment. Question d'efficacité, plus que de morale ; d'opportunité, plus que de principe.

On se trompe si l'on croit que « la main invisible » du marché suffit à la justice. D'ailleurs Adam Smith, qui inventa la formule, n'était nullement un partisan inconditionnel du « laisser-faire ». Mais on se trompe tout autant si l'on comp[...]

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