Marché: privilégier les actions, selon BofA Merrill Lynch.

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BCE.TO48,710,26
BACYL1 150,000,00
^STOXX50E3 139,26+47,74

(CercleFinance.com) - Lors d'une réunion organisée ce matin à Paris, Bank of America Merrill Lynch a présenté les grands axes stratégiques qui guideront sa politique de gestion en 2013. Sans surprise, les actions sont privilégiées au détriment des produits de taux comme les obligations, dont les valorisations comme les rendements semblent réserver peu de potentiel d'appréciation. A l'inverse, les actions sont globalement peu chères et disposent de meilleures perspectives, même si leurs niveaux actuels pourraient ne pas réserver les meilleurs cours d'entrée. Patience.

Gilles Dard, responsable de la gestion de fortune pour l'Europe continentale chez Merrill Lynch Wealth Managment, rappelle l'année 2012, très ?politique?, a été notamment marquée sur le Vieux Continent par la réduction du risque souverain grâce aux décisions de la BCE (Toronto: BCE.TO - actualité) . Du point de vue de des classes d'actifs, elle a aussi été caractérisée par les rendements réels parfois négatifs de certains compartiments obligataires.

L'année qui s'ouvre sera, elle, placée sous le signe de la stabilisation, a développé Laurence Boone, chef économiste pour l'Europe chez Bank of America (Other OTC: BACYL - actualité) - Merrill Lynch. Schématiquement, les fondamentaux de l'économie des Etats-Unis apparaissent ?solides?, ?malgré les turbulences de la 'falaise budgétaire'?.

Certes, le budget 2013 américain n'est toujours pas adopté et les points en attente de règlement (relèvement du plafond de la dette fédérale, baisses de dépenses automatiques) devraient susciter une certaine volatilité jusqu'au mois de mars et traduire un effort de consolidation budgétaire. Après 2,2% en 2012, la croissance devrait donc ralentir à 1,6% en 2013 outre-Atlantique, une prévision inférieure à celle du consensus des investisseurs (2% environ à ce stade). Mais ce chiffre global masque une accélération en fin d'année.

En zone euro, la récession sera certes de mise cette année comme en 2012 (- 0,4% dans les deux cas), mais elle sera en 2013 concentrée sur le début de l'année. Une ?croissance zéro? est attendue dès le 2ème trimestre avant une reprise graduelle au second semestre, avec + 0,4% au 4ème trimestre.

Dans les pays émergents dans leur ensemble enfin, la croissance devrait passer de 4,9% à 5,4% avec 8,1% pour la Chine, soit davantage qu'en 2012 (7,7%).

Quelles conséquences en tirer pour l'allocation des actifs ? Selon Thierry Cottet, directeur des investissements de Merrill Lynch Bank pour la Suisse, les marchés financiers ont mis du temps à l'accepter, mais c'est maintenant chose faite : le retour de la croissance s'annonce plus long et plus complexe qu'il ne l'était initialement prévu. Restent des constantes : aux Etats-Unis, le chômage a amorcé une baisse sensible (à 7,8% en décembre), ce qui se double du retournement en cours du marché immobilier et de l'effet de richesse correspondant qu'il va procurer aux ménages. En Chine, l'économie bascule progressivement d'un modèle tiré par les exportations vers un autre, porté par la demande domestique.

Bref, ?la croissance devrait commencer à prendre le relais de la politique dans l'esprit des investisseurs?, estime Th. Cottet, d'où une préférence pour les actifs à risques que sont les actions sur les produits de taux - à l'exception des obligations à haut rendement - pour les années en cours. ?L'écart de valorisation des deux classes d'actifs n'a pas été aussi favorable aux actions depuis plus de 25 ans, ce qui conforte cette conviction?, ajoute-t-il.

Une perspective qui pourrait aussi se confirmer à moyen terme : comme les taux d'intérêt réels devraient rester au mieux faibles lors de la prochaine décennie et que les rendements des actions sont relativement élevés, une ?grande rotation? des obligations vers les actions n'est pas à exclure.

Certes, les facteurs politiques seront de nouveaux suivis de près en 2013, mais les abondantes liquidités disponibles restent un facteur favorable aux actions. De plus, la dynamique bénéficiaire des entreprises, dont les bilans sont plutôt sains, se présente bien : ?les bénéfices des entreprises devraient se redresser en 2013?.

Quels titres privilégier ? Dans l'environnement actuel, les actions offrant non seulement un rendement correct (3/4%), mais également en mesure d'augmenter leurs dividendes sont favorisées. Ce qui exclue donc des secteurs comme les télécoms, les services collectifs, etc.

Autre thème à jouer : la montée en puissance de la consommation émergente, en premier lieu via les actions des sociétés occidentales qui y sont le plus exposées. Autres secteurs cités : les banques, notamment américaines, certaines belles valeurs industrielles des deux rives de l'Atlantique, les minières, et les sociétés de portefeuille dont les décotes de holdings restent globalement fortes.

Par style de gestion, les actions de croissance présentent un réel intérêt. Mais elles sont actuellement devenues relativement chères, indique Merrill Lynch, ce qui incite à profiter de l'éventuelle volatilité du début de l'année en vue de se renforcer à meilleur compte. D'ailleurs, les actions réputées ?value? (schématiquement, les valeurs sous-cotées) sont privilégiées.

Somme toute, l'indice de référence américain S&P 500 semble pouvoir encore gagner de 10 à 15% sans que son PER moyen n'excède les 15 fois. L'indice EuroStoxx 50 (Zurich: ^STOXX50E - actualité) européen, qui actuellement cote un peu plus de 2.700 points, devrait finir l'année vers 3.000 points, prévoit la banque.

Concernant l'or enfin, Merrill Lynch reconduit sa prévision d'une once à 2.000 dollars en fin d'année.


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