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Marc Fleurbaey (PSE): "Nous n’avons pas le droit d’être défaitiste sur l'environnement"

·2 min de lecture

INTERVIEW - Marc Fleurbaey, économiste, professeur à l’École d'Économie de Paris et directeur de recherche au CNRS est formel: la crise doit être l’occasion de penser à long terme: investir dans une main d’oeuvre formée et épanouie, une gouvernance inclusive et une réflexion stratégique sur les virages sectoriels qui vont s’opérer.

Thinkers & Doers - Il y a près d’un an s'ouvrait un contexte d’incertitudes avec le . Aujourd'hui, en 2021, y a-t-il une place pour une réflexion sur le progrès social, l’engagement sincère des entreprises et la transition écologique ?

Marc Fleurbaey - Absolument. La tentation dans une crise est de parer au plus urgent et de revenir aux fondamentaux: revenu, emploi… En réalité, c’est justement notre conception des objectifs fondamentaux qui est à revoir. Chacun a d’abord besoin d’être en bonne santé, d’avoir un emploi et un revenu, certes. Mais si, sous ce prétexte, nous orientons toute la société vers une croissance sans frein, où les plus riches absorbent l’essentiel des gains, au détriment des autres, de la planète et des générations futures , nous alimentons les crises à répétition que nous connaissons actuellement. Cette crise doit être l’occasion de repenser nos objectifs et nos institutions, au premier rang desquelles les institutions économiques et sociales, mais aussi politiques. Le progrès social, dans ce contexte, doit rester un ferme espoir et un objectif central, tout en l’associant à l’impératif écologique. Il est terrible de constater que beaucoup de jeunes désespèrent aujourd’hui, et non sans raison, alors que les possibilités de progrès sont immenses. Mais la mobilisation de tous les acteurs est nécessaire.

En 2012, vous étiez co-signataire d’une qui soulignait l’importance d’enclencher une transition écologique, de mettre fin à une "croissance destructrice", et de ne pas "céder au pessimisme ambiant". Dix ans plus tard, où en sommes-nous?

Les avancées sont timides et certains reculs sont brutaux: le projet européen, la démocratie américaine, les conflits ethniques… Mais derrière ces reculs, la lente avancée des consciences et du débat public continue. La question environnementale, les inégalités, les identités sexuelles différentes, les parties prenantes dans l’entreprise - bien des sujets qui au début du siècle étaient marginalisés - sont main[...]

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