La bourse est fermée

"Malgré la chute récente, la Bourse est toujours surévaluée de 20% à 50%" : sur les marchés, la crainte d'un choc économique lié au coronavirus

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Marianne : Les marchés boursiers ont dévissé depuis ce vendredi 6 mars, ce qui porte le coup de tabac depuis dix jours à 20% pour le CAC 40. Tout cela à cause du Coronavirus ?

Véronique Riches-Flores : Je ne le pense pas. Les effets du coronavirus sur l'activité mondiale sont indiscutablement importants et a même de dérégler la vie économique pendant plusieurs mois. Mais la panique qui s'empare des marchés doit être remise en perspective par rapport à qu'ils ont fait ces derniers temps. Le virus est l'étincelle que l'ont pouvait redouter dans un contexte de bulle financière gigantesque enflée par les politiques monétaires de ces dernières années, de trop bas niveau des taux d'intérêt qui a conduit à une sous-évaluation du risque par les investisseurs. Comme l’argent abonde et de surcroît gratuitement, que les emprunts d’état ne rapportent rien, il ne restait alors que les actions et autres actifs à risques les plus rémunérateurs à acheter pour obtenir un peu de rémunération. Des sommes s’y sont déversées comme dans un entonnoir, parfois sans trop de discernement. Pour justifier leurs achats d’actions à des prix trop élevés, les boursiers se sont répétés cette antienne : "On n’a pas le choix !". L’arrivée du coronavirus vient seulement rappeler l’existence d'un risque.

Vous parlez de "gigantesque bulle", va-t-elle forcément éclater ?

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