La bourse ferme dans 7 h 45 min
  • CAC 40

    6 372,24
    -13,27 (-0,21 %)
     
  • Euro Stoxx 50

    4 021,32
    -12,93 (-0,32 %)
     
  • Dow Jones

    34 777,76
    +229,26 (+0,66 %)
     
  • EUR/USD

    1,2142
    -0,0027 (-0,22 %)
     
  • Gold future

    1 833,90
    +2,60 (+0,14 %)
     
  • BTC-EUR

    48 373,56
    +287,02 (+0,60 %)
     
  • CMC Crypto 200

    1 566,40
    +130,62 (+9,10 %)
     
  • Pétrole WTI

    65,38
    +0,48 (+0,74 %)
     
  • DAX

    15 383,68
    -15,97 (-0,10 %)
     
  • FTSE 100

    7 130,80
    +1,09 (+0,02 %)
     
  • Nasdaq

    13 752,24
    +119,44 (+0,88 %)
     
  • S&P 500

    4 232,60
    +30,98 (+0,74 %)
     
  • Nikkei 225

    29 518,34
    +160,52 (+0,55 %)
     
  • HANG SENG

    28 518,95
    -91,70 (-0,32 %)
     
  • GBP/USD

    1,4062
    +0,0072 (+0,52 %)
     

Les proches de l'opposant russe Alexeï Navalny craignent un arrêt cardiaque imminent

·5 min de lecture

Anastassia Vassilieva, médecin d'Alexeï Navalny, et trois autres médecins dont un cardiologue ont réclamé samedi un accès immédiat à l'opposant russe de 44 ans, malade et en grève de la faim dans sa prison, jugeant qu'il pouvait désormais avoir un arrêt cardiaque à tout moment. L'opposition appelle à une grande manifestation mercredi.

Des médecins proches d'Alexeï Navalny, malade et en grève de la faim dans sa prison, ont exigé samedi de pouvoir le voir, jugeant qu'il pouvait désormais avoir un arrêt cardiaque à tout moment.

Une situation qui inquiète les Occidentaux. "C'est totalement injuste, totalement injuste", a répondu samedi le président américain Joe Biden aux journalistes qui l'interrogeaient sur le sort d'Alexeï Navalny, faisant référence à l'"empoisonnement et puis la grève de la faim" de l'opposant. La Maison Blanche a ajouté dimanche qu'il y aurait des "conséquences" pour la Russie si Alexeï Navalny décédait, sans préciser quelles seraient les mesures de rétorsion.

Dimanche, la France s'est dite également "extrêmement préoccupée" par l'état de santé du principal détracteur du Kremlin. "Je souhaite que des mesures soient prises pour assurer l'intégrité physique de M. Navalny mais aussi sa libération", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur la chaîne de télévision publique France 3. "Il y a là une responsabilité majeure pour le président Poutine", a-t-il ajouté.

Le sujet sera par ailleurs évoqué lundi lors d'une réunion à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne. L'ambassadeur de Russie au Royaume-Uni a déclaré dimanche à la BBC que les autorités s'occupaient de son traitement et que Moscou ne laisserait pas Alexeï Navalny "mourir en prison".

L'opposant russe a arrêté de s'alimenter le 31 mars pour protester contre ses mauvaises conditions de détention, accusant l'administration pénitentiaire de lui refuser l'accès à un médecin et des médicaments alors qu'il souffre d'une double hernie discale selon ses avocats.

Niveau "critique" de potassium dans le sang

La médecin personnelle de l'opposant de 44 ans, Anastassia Vassilieva, et trois autres médecins dont un cardiologue ont demandé un accès immédiat à Alexeï Navalny, selon une lettre adressée aux services pénitentiaires russes et publiée samedi sur le compte Twitter d'Anastassia Vassilieva.

Selon elle, le niveau de concentration de potassium dans le sang d'Alexeï Navalny a atteint un niveau "critique" de 7,1 mmol/L (millimoles par litre), "ce qui signifie à la fois une fonction rénale altérée et que de graves problèmes de rythme cardiaque peuvent survenir d'une minute à l'autre".

"Un patient avec un tel taux de potassium doit être observé en soins intensifs, car une arythmie fatale peut se développer à tout moment. Décès par arrêt cardiaque", a ajouté sur Facebook le cardiologue Iarolav Achikhmine.

La porte-parole de l'opposant, Kira Iarmych, a pour sa part cité sur Twitter le médecin Alexandre Poloupane, qui avait déjà soigné Alexeï Navalny, disant que "c'est une indication totale d'hospitalisation. Si le traitement ne débute pas, il mourra dans les prochains jours."

"Une question de jours"

Alexeï Navalny a survécu de justesse l'année dernière à un empoisonnement qui l'avait plongé dans le coma. Il a accusé le Kremlin et les services de sécurité russes d'en être responsables, ce qu'ils nient.

Kira Iarmych, qui se trouvait en compagnie de l'opposant lorsqu'il a fait un grave malaise après son empoisonnement en août dernier, a affirmé sur Facebook voir un parallèle avec la situation actuelle.

"Alexeï est en train de mourir. Dans son état, c'est une question de jours", a-t-elle écrit, soulignant que peu de personnes avaient eu accès à l'opposant depuis son incarcération au camp de Pokrov, à 100 km à l'est de Moscou, réputé comme l'un des plus durs de Russie.

Revenu en janvier après cinq mois de convalescence en Allemagne, l'opposant avait été immédiatement arrêté et condamné à deux ans et demi de prison dans une ancienne affaire de fraude qu'il dénonce comme politique.

Sa femme Ioulia, qui lui a rendu visite en début de semaine dans sa colonie pénitentiaire, a affirmé qu'il pesait désormais 76 kg, soit neuf kg de moins par rapport au début de sa grève de la faim.

"Il est temps d'agir"

Devant l'urgence de la situation, les alliés d'Alexeï Navalny ont appelé dimanche les Russes à manifester mercredi 21 avril pour "sauver la vie" de l'opposant.

"Il n'y a plus le temps – il est temps d'agir. Il ne s'agit plus seulement de la liberté de Navalny, mais de sa vie. En ce moment, il est en train d'être tué en colonie pénitentiaire, et on ne peut plus attendre", a écrit sur Facebook le bras droit de l'opposant, Léonid Volkov.

Cette manifestation, fixée pour 19 h (16 h GMT) mercredi, est organisée le même jour que le discours annuel du président Vladimir Poutine devant les deux chambres du Parlement, lors duquel il évoquera les "objectifs" pour développer la Russie et les élections législatives de l'automne prochain.

"Appelez tous vos amis et sortez sur les places centrales. Rendez-vous dans la plus grande ville dans laquelle vous pouvez vous retrouver mercredi soir", a poursuivi Léonid Volkov, appelant les Russes à participer à la "bataille finale" entre "le bien" et "le mal absolu".

"Poutine interdit explicitement toute activité d'opposition en Russie. Cela signifie que ce rassemblement pourrait devenir le dernier du pays pour les années à venir. Mais il est en notre pouvoir de changer cela", a-t-il ajouté, appelant ses compatriotes à "ne plus avoir peur".

Un site Internet créé par l'opposition quelques semaines plus tôt pour enregistrer les Russes désireux de manifester affichait près de 459 000 personnes dimanche. Les alliés d'Alexeï Navalny ambitionnent ainsi d'organiser "la plus grande manifestation de l'histoire moderne" de la Russie.

Avec AFP