La bourse est fermée

L'optimisme de Wall Street aide les marchés européens à limiter les pertes

Anne Padieu avec les bureaux européens de l'AFP
De Paris à New York en passant par Francfort, les places boursières ont en partie enrayé leur chute mercredi sans toutefois parvenir à rebondir franchement après leur dégringolade du début de la semaine liée à la propagation du nouveau coronavirus

Paris (AFP) - Wall Street a retrouvé des couleurs mercredi, aidant les places européennes à limiter leurs pertes après un début de semaine très éprouvante sous le coup des craintes liées à la propagation du nouveau coronavirus en Europe.

"L'ouverture dans le vert de la Bourse de New York aide les marchés européens à se reprendre un peu", a noté auprès de l'AFP Daniel Larrouturou.

"Ils bénéficient également d'un rebond technique, avec une chasse aux bonnes affaires sur les titres les plus affectés ces derniers jours, notamment l'automobile", a-t-il ajouté.

"Mais il y a surtout une grande nervosité et les évolutions très brutales témoignent des difficultés des investisseurs à évaluer convenablement les conséquences de l'épidémie", a-t-il complété.

Vers 16H15 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,33%, après avoir chuté de plus de 2% dans la matinée, celle de Francfort grappillait 0,12% et celle de Londres reculait de 0,44%.

La journée avait mal commencé pour les places boursières européennes.

Malgré le ralentissement du nombre de décès en Chine, la peur gagnait les investisseurs face aux derniers développements de l'épidémie de Covid-19, qui continue de se répandre dans le monde, et à l'alerte émise par les centres américains de contrôle des maladies et de leur prévention (CDC).

Les autorités sanitaires américaines ont dit mardi s'attendre à une propagation de l'épidémie aux Etats-Unis, où le principal conseiller économique de Donald Trump a minimisé son impact sur la première économie mondiale.

Le nouveau coronavirus, qui a fait son apparition mardi dans quatre nouveaux pays (Autriche, Suisse, Croatie et Algérie), a contaminé depuis sa découverte fin décembre quelque 78.000 personnes en Chine, dont plus de 2.700 sont mortes.

En Europe, l'Italie est le pays européen le plus touché, avec dix décès et plus de 300 personnes contaminées. Les pays voisins se sont cependant engagés à garder leurs frontières ouvertes tandis qu'un premier Français infecté par le virus est décédé dans la nuit de mardi à mercredi.

- En quête de mesures de soutien -

Pour l'heure, il est trop tôt pour évaluer l'impact commercial à venir de la crise sanitaire et pour estimer les perspectives de la situation. C'est cette incertitude, abhorrée des marchés, qui pèse sur les actions.

"Les marchés font grise mine tant ils craignent une contamination d'un nombre de plus en plus important de pays", observe un analyste de La Banque Postale Asset Management (LBPAM).

Dans ce contexte, les marchés "appellent de leurs vœux des mesures de soutien par les autorités publiques, les banques centrales au premier chef", écrit LBPAM dans une note.

Toutefois, nombreux sont les acteurs de marché qui s'interrogent sur l'efficacité d'une baisse de taux directeur pour répondre à une offre en berne.

"De nombreuses entreprises, dont Apple, Pernod Ricard et le secteur du luxe ont déjà prévenu que les perturbations dans la chaîne d'approvisionnement auraient un impact sur leurs performances du premier trimestre", rappelle Franklin Pichard, de Kiplink Finances.

Pour redémarrer la machine, la Chine a annoncé un vaste plan de soutien aux petites et moyennes entreprises asphyxiées par l'épidémie, encourageant les banques à leur octroyer des prêts préférentiels.