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L'opposant russe Navalny visé par de nouvelles accusations "d'extrémisme"

·3 min de lecture

L'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny est visé par une nouvelle enquête criminelle pour "extrémisme", crime passible de 10 ans de prison, dernière étape en date de la répression de son mouvement après le démantèlement de ses organisations.

Les investigations contre lui et plusieurs proches collaborateurs interviennent dans la foulée d'élections législatives remportées par le parti de Vladimir Poutine, après une vague de répression pour exclure la quasi-totalité des candidats anti-Kremlin du scrutin.

Les partisans d'Alexeï Navalny n'ont pu se présenter, leurs organisations ayant été bannies et classées "extrémistes" en juin.

Déjà emprisonné pour deux ans et demi depuis le début de l'année dans une affaire de fraude qu'il juge politiquement motivée, M. Navalny et ses alliés sont désormais accusés d'avoir "créé et dirigé une organisation extrémiste" via son Fonds de lutte contre la corruption (FBK) et huit autres organisations.

L'opposant est inculpé en outre depuis août d'avoir appelé ses partisans à commettre des "actes illicites", délit passible de trois ans de réclusion.

Selon le Comité d'enquête, chargé des principales investigations criminelles, M. Navalny a voulu de 2014 à 2021 "discréditer les organes étatiques et leur politique, déstabiliser la situation dans les régions, créer un désir de protestation dans la population et convaincre l'opinion de la nécessité d'un changement de pouvoir par la violence".

Selon les enquêteurs, les manifestations illégales que l'opposant et ses alliés organisaient véhiculaient "des appels à des actions extrémistes et terroristes".

Ces accusations, passibles de 10 ans de prison, visent également deux de ses proches associés: Léonid Volkov et Ivan Jdanov. Plusieurs autres collaborateurs, dont la figure moscovite Lioubov Sobol, sont accusés de "participation à une organisation extrémiste", passible de six ans de réclusion, selon la même source.

La plupart de ces alliés de M. Navalny se trouvent à l'étranger, ayant fui la répression de ces derniers mois en Russie qui a notamment vu plusieurs d'entre eux arrêtés ou placés en liberté surveillée.

- "Faire peur" -

Selon Ivan Jdanov, ces nouvelles accusations visent à "prolonger la peine" que purge actuellement Alexeï Navalny, incarcéré depuis janvier et son retour en Russie après un empoisonnement dont il accuse le Kremlin.

Selon M. Jdanov, s'exprimant à l'antenne de la télévision en ligne Dojd, le pouvoir veut "faire peur" aux collaborateurs et aux partisans du détracteur numéro 1 du Kremlin.

"Tout le monde se demandait si la répression allait se relâcher après les élections. Eh bien, voici la réponse", a pour sa part commenté sur Twitter la porte-parole d'Alexeï Navalny, Kira Iarmych.

Pour une autre accusée, Lioubov Sobol, "c'est la réponse à la question: de qui Poutine a-t-il peur et qui il considère comme son plus grand ennemi".

Le FBK de M. Navalny a lui dénoncé une nouvelle affaire "monstrueuse". "Ils jugent que la lutte contre la corruption, c'est de l'extrémisme. Ils écrasent toute velléité des gens d'être heureux".

Emprisonné, M. Navalny continue à s'exprimer périodiquement sur les réseaux sociaux, appelant notamment la semaine dernière ses partisans à ne pas baisser les bras malgré le "vol" du résultat des législatives du 19 septembre.

Militant anticorruption de 45 ans, Alexeï Navalny s'est d'abord fait connaître pour ses enquêtes sur le train de vie et les malversations des élites russes.

Privés de participation aux élections, la stratégie électorale de ses partisans aux législatives visait à convaincre les Russes de "voter intelligent" en choisissant les candidats les mieux placés pour battre ceux du Kremlin, souvent des communistes.

Selon l'opposition, les autorités ont dû en catastrophe organiser des falsifications, en particulier à Moscou et Saint-Pétersbourg, car les candidats du pouvoir auraient autrement été battus.

M. Jdanov estime donc que les nouvelles poursuites qui se dessinent contre Navalny et ses acolytes sont une réaction au succès de cette stratégie électorale.

Cela "leur a porté un coup. Il s'agit de la réplique rapide du gouvernement", a-t-il jugé.

pop/abb

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