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L'opposant russe Alexeï Navalny transféré vers un hôpital pour prisonniers

Le militant russe Alexeï Navalny, incarcéré dans une colonie pénitentiaire, a été transféré lundi vers un hôpital pour prisonniers. En grève de la faim depuis environ trois semaines, son état de santé est jugé "satisfaisant", selon le service carcéral.

Alors que plusieurs pays ont exprimé, ces derniers jours, leur inquiétude quant au sort de l’opposant du Kremlin incarcéré Alexeï Navalny, en grève de la faim depuis environ trois semaines, les services carcéraux russes ont décidé, lundi 19 avril, de le transférer vers un hôpital pour prisonniers.

"Une commission de médecins (...) a décidé du transfert d'Alexeï Navalny vers une unité hospitalière pour les condamnés qui se trouve sur le territoire de la colonie pénitentiaire n°3 de la région de Vladimir", a indiqué le service carcéral de cette région dans un communiqué.

"L'état de santé de Alexeï Navalny est jugé satisfaisant actuellement, il est ausculté quotidiennement par un médecin-thérapeute", dit-il. Selon la même source, "avec l'accord du patient, il lui a été prescrit une thérapie vitaminée".

L'état de santé de l'opposant, qui selon ses partisans risque de graves problèmes cardiaques et rénaux pouvant entraîner la mort, est d'autant plus inquiétant qu'il a survécu il y a moins d'un an à un empoisonnement par une substance neurotoxique.

Grève de la faim

Alexeï Navalny, qui a annoncé avoir cessé de s'alimenter le 31 mars pour dénoncer son traitement en prison et notamment le fait qu'il ne soit pas traité pour de graves douleurs au dos, avait indiqué sur les réseaux sociaux qu'il ne consommait que de l'eau.

Selon lui, il a par ailleurs été menacé d'être nourri de force, une option qu'ont les autorités russes en cas de refus de s'alimenter d'un prisonnier.

Les annonces de lundi interviennent alors que les partisans d'Alexeï Navalny ont estimé ce week-end que l'opposant risquait de mourir à tout moment.

Les Européens, "très inquiets" pour la santé de l'opposant russe, réclamaient qu'Alexeï Navalny soit hospitalisé. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE s'entretiennent lundi en visioconférence à ce sujet.

L'Allemagne et la France ont insisté, elles, sur un "traitement médical adéquat" par des médecins ayant "la confiance" d'Alexeï Navalny et réclamé sa libération immédiate. Washington a averti dimanche qu'il y aurait des "conséquences" pour Moscou si Alexeï Navalny mourait.

Le porte-parole du Kremlin a, de son côté, rejeté les mises en garde occidentales sur l'état de santé de l'opposant russe et affirmé qu'il n'assure pas de suivi de l'état de santé de l'opposant russe. "Nous ne pouvons pas accepter de telles déclarations de la part de représentants d'autres gouvernements" a déclaré lundi Dmitri Peskov aux journalistes, estimant que ce thème "ne doit pas avoir d'intérêt" pour eux.

Avec AFP