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Londres se prépare à dévoiler un nouveau budget signant le retour de l'austérité

Le gouvernement britannique se prépare à dévoiler jeudi un budget mêlant hausses d'impôts généralisées et coupes dans les dépenses de l'Etat pour donner des gages de sérieux aux marchés, sonnant le retour de l'austérité outre-Manche.

La présentation du chancelier conservateur de l'Echiquier Jeremy Hunt, prévue devant les députés britanniques, devra notamment achever de réparer les dégâts causés par le "mini-budget" du gouvernement précédent, mené par l'éphémère première ministre Liz Truss.

Alliant aides massives aux factures énergétiques et baisses d'impôts tous azimuts, ce projet devait être financé essentiellement par emprunt sur les marchés en pleine poussée de l'inflation et des taux d'intérêt. Les allégements fiscaux prévus étaient d'une ampleur colossale, estimée entre 100 à 200 milliards de livres.

Ce budget avait affolé les marchés et s'était soldé par un plongeon de la livre sterling à son plus bas historique. Les taux d'emprunt du gouvernement avaient eux bondi, impactant les conditions de crédit des ménages et des entreprises.

La Banque d'Angleterre avait dû intervenir en urgence et le ministre des Finances conservateur d'alors Kwasi Kwarteng avait été limogé après à peine cinq semaines en poste, avant d'être remplacé par M. Hunt, chargé de renverser la vapeur.

Ce dernier ne cesse depuis de marteler qu'il devra prendre des décisions "très dures". Son paquet de mesures se fondera notamment sur des prévisions de l'OBR, l'organisme public de prévisions budgétaires, qui n'avait pas été consulté par Kwasi Kwarteng, ce qui avait contribué à faire fuir les investisseurs.

"La stabilité est maintenant revenue au Royaume-Uni", mais c'est parce que les marchés s'attendent à un retour à l'orthodoxie budgétaire, a estimé lundi le Premier ministre conservateur Rishi Sunak, successeur de Liz Truss.

"Nous allons tous devoir payer plus d'impôts", a encore répété le ministre des Finances ce week-end sur Sky News. Le pays devra parallèlement procéder à des baisses de dépenses, "pour montrer que nous sommes un pays qui paie" ses dettes, a-t-il insisté.

Ces accents rappellent aux Britanniques la sévère cure d'austérité imposée dans la foulée de la crise financière de 2008, qui s'était traduite par des coupes sombres dans les services publics dont l'impact se fait encore sentir aujourd'hui, en particulier dans la santé.

Le gouvernement assure toutefois que les plus défavorisés seront moins mis à contribution, en pleine crise du coût de la vie.

- taxe sur les géants énergétiques -

Les hausses d'impôts et baisses de dépenses attendues devraient totaliser entre 50 et 60 milliards de livres, selon la presse britannique.

Les géants énergétiques, qui ont engrangé des bénéfices records avec l'envolée des prix sur les marchés, devraient être mis à contribution: une taxe exceptionnelle, initialement fixée à 25% des profits mais comprenant d'énormes exonérations, et prévue jusqu'en 2025, devrait être augmentée et prolongée.

Autre levier d'action pressenti: le gel de certains seuils d'imposition, notamment sur le revenu.

Avec une inflation à 10%, cela veut dire que les ménages dont les revenus ont été gonflés par des hausses de salaires, même inférieures à l'inflation, vont se retrouver projetés automatiquement dans la tranche d'imposition supérieure: une augmentation d'impôt de facto.

D'après le Sunday Times, le gouvernement prévoit aussi de taxer les plus-values à partir d'un seuil plus faible.

Résultat attendu, selon Deutsche Bank: "Une récession profonde en 2023 avec une croissance probablement anémique jusqu'en 2025 au moins".

La Banque d'Angleterre a notamment fait valoir qu'elle prévoyait une contraction économique qui pourrait être la plus longue que le Royaume-Uni ait jamais connu.

Russ Mould, analyste d'AJ Bell, remarque que si M. Hunt peut se targuer d'"un bon début" avec des taux d'emprunt calmés et une livre qui a repris des couleurs, "les électeurs attendent toujours de voir les bases d'un plan de long terme solide".

De son côté la principale organisation patronale du pays, la CBI, a appelé le gouvernement à des "décisions politiques courageuses", en plus des décisions fiscales difficiles, pour assouplir les règles d'immigration et soulager le manque de main d'oeuvre qui entrave les entreprises.

Le Brexit a notamment largement compliqué et découragé la venue au Royaume-Uni de travailleurs européens dans un contexte de pénurie de main d'oeuvre, aggravé par une sortie du marché de l'emploi de centaines de milliers de personnes, notamment pour cause de maladie longue.

ved/ode/clc