Marchés français ouverture 2 h 57 min

L'injonction au bonheur, bonne idée ou vraie contrainte au travail ?

Il faut en finir avec l’injonction au bonheur. Cette idée que les salariés heureux seraient plus productifs est vraisemblablement le socle sur lequel s’est construite l’économie du coaching, une sorte de pari humaniste qui permet de toucher, en toute bonne conscience, des honoraires confortables. Le principe pourrait être inspiré par l’élevage industriel : il revient peu ou prou à faire écouter aux vaches quelques morceaux de Bach pour qu’elles se détendent et produisent plus de lait. Mais, en réalité, personne ne peut dire si cela fonctionne. Et cela ne semble pas intéresser grand monde de se poser la question tant le concept est porteur. Comme le dit l’immortelle devise shadok : "Il vaut mieux pomper même s’il ne se passe rien que risquer qu’il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas."

Je sais que ces propos risquent de froisser bien des chief happiness officers, ce métier en plein essor qui se cherche encore, hésitant entre le massage des épaules des galériens et l’installation de babyfoot ou de salles de sieste dans les locaux des entreprises, accréditant l’idée postmoderne que la limite entre la vie professionnelle et la vie privée appartient à une époque révolue, à l’instar d’autres futures pièces de musée, comme le CDI ou la retraite à 62 ans. Il me semble pourtant que, sous cette a ffaire de bonheur au travail, se cache autre chose que la simple justification économique d’un juteux marché de conseil : d’une part, une méconnaissance fondamentale de la causalité et, d’autre part, une injonction paradoxale totalement angoissante.

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La causalité, tout d’abord. Ce n’est pas parce qu’un salarié est heureux qu’il travaille "mieux" (et donc qu’il rapporte plus à l’actionnaire). C’est au contraire le fait d’avoir un boulot qui a du sens, de se sentir respecté, d’être informé, formé et managé correctement, payé à la juste valeur de ses compétences, reconnu et disposant d’une possibilité d’évolution réelle

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