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Non, l'inflation n'est pas une fatalité mais bel et bien un choix de société

AFP - Patrick T. FALLON

TRIBUNE - Les besoins vitaux ne correspondent pas à la réalité économique car ils ne forment qu'une faible partie de nos désirs sociaux. Les biens sociaux subissent une augmentation de leur désirabilité qui conduit à en augmenter le prix. L'inflation n'est pas une mécanique irrépressible mais le résultat d'un choix, estime le philosophe et conférencier Guillaume von der Weid.

L'inflation est de retour en France. C'est une mauvaise nouvelle. Les individus craignent pour leur budget, les entreprises pour leur chiffre d'affaires, la BCE pour ses taux d'intérêt. Pourtant, si l'on considère que le prix exprime la valeur des choses, ne fait que l'augmenter. D'un point de vue strictement comptable, la hausse généralisée des prix conduit à un enrichissement global. Le problème bien sûr, c'est que le revenu des individus ne croît jamais aussi vite que les prix et que le différentiel entraîne une baisse de pouvoir d'achat. L'inflation consiste donc dans le paradoxe d'un enrichissement qui appauvrit. Comment l'expliquer?

L’eau ne vaut rien alors qu’elle est vitale

Pour le comprendre, il faut revenir à la base de l'économie. Qu'est-ce que le prix d'une chose? Le besoin qu'on a d'elle. Entre les choses indifférentes qui n'ont pas de prix (un brin d'herbe, un caillou sur la Lune...) et les choses sacrées qui ont un prix infini (le principe de justice, nos enfants...), se tient une myriade d'objets auxquels le besoin qu'on a d'eux affecte le prix de marché. Inversement, on attribue un prix négatif aux choses qui nous menacent, et qu'on paye pour écarter (une assurance contre les accidents, un manteau contre le froid, une pilule contre une grossesse non désirée, etc.). Cependant, cette logique du besoin, fondamentale pour comprendre nos préférences, ne correspond pas à la réalité économique où nos évaluations ne reflètent que rarement nos besoins réels, où l'eau, par exemple, ne vaut presque rien (alors qu'elle est vitale) (alors qu'il est superflu).

Nos désirs sont essentiellement sociaux

C'est que nos besoins ne forment qu'une partie compacte mais mineure d'un ensemble de désirs qui sont essentiellement sociaux, c'est-à-dire soumis à une évaluation collective, aux modes, aux progrès techniques, et donc à un prix variable. Si nous n'avions que des besoins naturels, d'une part les biens qui les satisfont auraient un prix aussi fixe qu'eux, mais on co[...]

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