L'Igas suggère de baisser les prix des médicaments génériques

L'utilisation du médicament générique s'essouffle depuis plusieurs années en France, s'inquiète l'Inspection générale des affaires sociales (Igas). Dans une étude publiée lundi, l'institution rattachée au gouvernement a dévoilé une série de mesures pour tenter de relancer ce marché.

L'Igas rappelle que les médicaments génériques ont connu une forte croissance depuis leur lancement dans l'Hexagone au milieu des années 90. Rien qu'au cours des 10 dernières années, leur part de marché dans le segment des médicaments remboursables est passée de 10 à 24% en volume.

Mais des signes de ralentissement se multiplient depuis 2008. La consommation de génériques a même reculé de 3% en 2011. En cause, notamment : une suspicion grandissante des patients, en raison des prises de positions de certains leaders d'opinion, mettant en doute leur efficacité.

Les auteurs déplorent aussi la mise en place de stratégies de contournement par certains labos, via la fabrication de nouveaux médicaments, qui ne sont donc pas substituables, mais possèdent le même profil thérapeutique que les produits qu'ils sont destinés à remplacer.

Pour remédier à ces problèmes et redynamiser le marché du générique, l'Igas propose notamment de baisser encore leurs prix, en appliquant une décote supplémentaire de 10% par rapport aux médicaments de marque. Elle est actuellement de 60%.

Autre piste : sensibiliser les médecins, en créant un système de "bonus-malus". Les praticiens dont le taux de prescription de génériques serait trop faible se verraient sanctionnés financièrement.

Il faudrait enfin que le consommateur soit davantage informé. Pour cela, l'Igas propose que les lieux de fabrication et de conditionnement des médicaments soit noté sur la boite. Elle suggère aussi de réaliser une large campagne de promotion auprès du grand public, afin de lever les appréhensions.

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