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Libération renfloué à hauteur de 15 millions d'euros par le milliardaire tchèque Kretinsky

Bouffée d'oxygène pour Libération : le milliardaire tchèque et patron du groupe de presse CMI (Elle, Marianne, etc.), Daniel Kretinsky, a volé au secours du quotidien, le renflouant à hauteur de 15 millions d'euros jusqu'à son retour à l'équilibre attendu en 2026.

L'homme d'affaires, déjà présent au capital du Monde, va prêter 14 millions d'euros au titre pour garantir son financement pendant quatre ans, selon un communiqué de la société Presse indépendante (PI), son propriétaire.

En parallèle, l'industriel s'est engagé à soutenir, via sa fondation, le "Fonds de dotation pour une presse indépendante" (FDPI, actionnaire majoritaire de Presse indépendante), auquel le groupe Altice a cédé Libé il y a deux ans.

Un soutien "qui prendrait notamment la forme d'une donation d'un million d'euros et d'une représentation au conseil d'administration du Fonds", selon un message interne du directeur général de Libération, Denis Olivennes.

Le prêt, octroyé par CMI, doit permettre de couvrir les pertes du titre, déficitaire malgré une forte croissance de ses ventes, tout en préservant son "indépendance" sous la main du FDPI, selon le communiqué, qui ne précise pas ce qui arriverait en cas de défaut de paiement dans 4 ans.

Cet apport ne consiste pas en une "obligation convertible" (en actions) et M. Kretinsky n'a "aucun droit sur le capital de PI ou de Libé", précise la société PI à l'AFP.

Le FDPI "se réjouit de l'arrivée à ses côtés" d'un "nouveau partenaire de qualité", y voyant "un gage de confiance dans l'avenir du journal", d'après le communiqué.

Egalement cité, M. Kretinsky se dit "heureux de participer ainsi à la pérennisation d'un journal indépendant et indispensable au débat démocratique".

M. Olivennes avait annoncé dès juillet être à la recherche de 15 millions d'euros pour le journal.

Le retour à l'équilibre prévu à son arrivée en 2020 avait été repoussé de 2023 à 2026, en raison d'un développement plus lent qu'attendu de la publicité, aggravé par la pandémie, du "niveau de départs en clause de cession plus élevé que prévu" ou d'investissements importants comme l'augmentation des effectifs de 10%.

- "Valeurs et combats" -

Cela a toutefois permis à Libé d'entrer "de plain-pied dans la révolution des abonnements numériques" et d'afficher la "plus forte progression de diffusion de la presse quotidienne nationale" depuis un an et demi, a souligné M. Olivennes dans le communiqué de mardi.

D'après l'ACPM (Alliance pour les chiffres de la presse et des médias), Libé s'est écoulé à plus de 93.000 exemplaires par jour sur la période 2021-2022, soit une hausse de 11,14% par rapport à 2020-2021.

Le quotidien, dont le chiffre d'affaires a grimpé de 10% en 2021, à 31,5 millions d'euros, a par ailleurs réduit ses pertes d'exploitation à 7,9 millions, contre 12,3 millions en 2020.

Mais pas de quoi combler ses besoins en trésorerie. A défaut d'avoir pu compter une nouvelle fois sur le patron d'Altice, Patrick Drahi, qui a "sauvé" Libé "il y a 7 ans", M. Olivennes, ancien président du conseil de surveillance de CMI France (filiale française du groupe de M. Kretinsky), a expliqué dans son courrier interne qu'il s'était "naturellement" tourné vers l'homme d'affaires tchèque.

"J'ai pu éprouver sa solidité financière, sa droiture ainsi que son respect du professionnalisme de l'information, du pluralisme des opinions et de la liberté des rédactions", a-t-il assuré.

Depuis 2018, le magnat tchèque, déjà à la tête d'un petit empire médiatique dans son pays et d'un puissant groupe énergétique, a racheté les magazines du groupe Lagardère Active (dont l'emblématique Elle), l'hebdomadaire Marianne, 49% des parts de Matthieu Pigasse dans Le Monde et plus de 5% du groupe TF1.

En avril 2022, en pleine présidentielle, la société des rédacteurs de Marianne avait dénoncé une "ingérence" de sa part, démentie par la direction de la rédaction, après une une se positionnant clairement contre Marine Le Pen.

Du côté de la rédaction de Libé, "on attend de rencontrer Daniel Kretinsky" mercredi et la communication de "documents précis sur ce prêt et ses engagements", a indiqué à l'AFP Pauline Moullot, présidente de la société des journalistes et des personnels du journal.

"Ce qui nous importe, c'est de pouvoir continuer à travailler en toute indépendance, à porter les valeurs et les combats qui sont chers à Libé", a-t-elle ajouté.

ac/pr/elc/mj