Lexique : bonus

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Voilà un nouvel exemple de « mot-clé » désormais bien connu du grand public, et notamment de tous les détracteurs des dérives de la finance moderne, alors qu’il était il y a quelques années encore un vocable d’initiés ! En effet, le bonus dont nous parlons ici n’a rien à voir avec celui que vous accorde votre assureur automobile si vous êtes bon conducteur. Le terme « bonus » désigne dans la banque, et plus particulièrement la banque d’investissement, les rémunérations variables (ou primes) des opérateurs de marché (catégorie de personnel à laquelle appartiennent les désormais fameux traders). Ces bonus peuvent parfois constituer une part très importante de la rémunération totale des personnes concernées. Le rapport Camdessus portant sur la rémunération de 8 200 professionnels employés par les banques françaises a montré que ceux-ci avaient touché en 2009 un bonus moyen de 242 000 euros, les 400 traders les mieux rémunérés affichant même un bonus moyen de 1,65 million d’euros.

Si les bonus font polémique, c’est qu’on estime que la base de ces rémunérations peut inciter les salariés des banques d’investissement à générer de l’argent avec une considération insuffisante pour les risques liés à leurs prises de positions sur les marchés financiers.

Après la crise financière de 2008/2009 et des scandales comme l’affaire Kerviel, qui a illustré le fait qu’un individu isolé avait pu prendre des risques absolument énormes, la sphère financière s’est penchée sur le thème des bonus. Ainsi, le Conseil de stabilité financière, créé en 2009 et regroupant de manière informelle 26 autorités financières nationales, a édicté un certain nombre de recommandations concernant les bonus, préconisant notamment leur étalement sur plusieurs années, afin de permettre une meilleure prise en compte des risques effectivement générés.