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L'espace, champ de recherche idéal pour soigner les cancers

Le président américain Joe Biden lors de son discours sur le "Cancer Moonshot", à Boston, le 12 septembre 2022 (Mandel NGAN)
Le président américain Joe Biden lors de son discours sur le "Cancer Moonshot", à Boston, le 12 septembre 2022 (Mandel NGAN)

Et si la solution pour vaincre le cancer se trouvait dans l'espace? L'univers sans pesanteur où les cellules vieillissent plus vite a permis des "progrès fous", selon la Nasa qui met les bouchées double pour soigner la maladie.

Pour l'astronaute Frank Rubio, enveloppé dans sa combinaison bleu pétrole, "l'espace est un lieu de recherche unique". Le quadragénaire y a élu domicile pendant une mission de recherche sur le cancer dans la Station spatiale internationale (ISS), à plus de 400 kilomètres au-dessus de la Terre.

Non seulement, les cellules y vieillissent plus rapidement, ce qui permet d'accélérer les recherches, mais leurs structures sont aussi plus "pures". "Elles ne s'agglutinent pas comme sur Terre, à cause de la gravité. Dans l'espace, elles sont en suspension", lévitant grâce à la microgravité, ce qui permet une meilleure analyse de leurs structures moléculaires, explique le patron de la Nasa Bill Nelson, dans un entretien avec l'AFP.

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Séduit, le géant pharmaceutique Merck a décidé d'effectuer des recherches à bord de l'ISS sur le Pembrolizumab, un médicament anticancéreux que les patients reçoivent aujourd'hui sous perfusions intraveineuses.

Son principal actif est très compliqué à transformer en liquide. Une des solutions reste de le cristalliser, un processus courant pour fabriquer des médicaments.

En 2017, Merck tente l'expérience dans l'espace pour voir si les cristaux s'y forment mieux que sur Terre.

- Plus efficace -

Bill Nelson montre les résultats. Deux images. Sur la première, une tâche transparente et floue. Sur la deuxième, une multitude de points gris et nets. "On voit que sur la seconde photo, celle dans l'espace, les cristaux sont plus petits et uniformes, ils se forment mieux", dévoile l'ancien astronaute.

Grâce à cette formation plus "pure", on se dirige vers la "fabrication d'un médicament de manière à ce qu'il puisse être administré sous forme de piqûre dans le cabinet d'un médecin au lieu d'avoir recours à une chimiothérapie fastidieuse par voie intraveineuse, pendant des heures et des heures à l'hôpital", se réjouit l'administrateur de la Nasa.

Merck a identifié des techniques permettant d'imiter les effets de ces cristaux sur Terre et cherche à mettre au point un médicament qui peut être administré par injection et gardé à température ambiante.

Mais les reproduire n'a rien d'évident et les recherches peuvent prendre des années avant de rendre le Pembrolizumab plus accessible.

"On utilise les propriétés de l'espace pour fixer les limites du cancer", résume Kimryn Rathmell, la directrice de l'Institut national du cancer, un organisme rattaché au gouvernement américain.

Si les recherches scientifiques sur le cancer dans l'espace ont plus de 40 ans, elles sont devenues "révolutionnaires" ces dernières années, estime Bill Nelson.

Elles "aident grandement les médecins et les patients à prendre les bonnes décisions concernant les options de traitement", souligne Annette Burkhouse, responsable de la branche médicale de l'entreprise de biotechnologie Promega.

- Objectif Lune -

Le président américain Joe Biden en a fait son cheval de bataille avec l'initiative "Cancer Moonshot", écho au discours de John Kennedy il y a plus de 60 ans, lorsque l'ancien dirigeant voulait voir des Américains alunir un jour.

L'objectif: diviser par deux le taux de décès du cancer dans les 25 prochaines années et éviter quatre millions de morts selon les chiffres de la Maison Blanche, la deuxième cause de mortalité dans le pays après les maladies cardiaques.

Un combat aussi intime pour le démocrate qui, alors vice-président de Barack Obama, a perdu son fils Beau d'un cancer du cerveau en 2015.

"On connaît tous quelqu'un, souvent quelqu'un qu'on aime, qui a combattu cette maladie horrible. Comme pendant la course pour la Lune, on croit que notre technologie et notre communauté scientifique sont capables de réaliser l'impossible pour éliminer le cancer tel qu'on le connaît", assure Xavier Becerra, le ministre américain de la Santé, lors d'une conférence de presse jeudi au siège de la Nasa, à Washington.

Une ambition ternie par les 25 milliards de dollars alloués par le Congrès à l'Agence spatiale pour 2024, soit 2% de moins que l'année précédente et bien en-deçà du budget souhaité par la Maison Blanche.

Balayant les dissensions politiques, la chercheuse Kimryn Rathmell est persuadée que "la capacité de l'espace à faire rêver réside en chacun de nous". Et, elle l'assure, "elle peut sauver des vies".

pno/aem