Les sociétés qui amassent le plus de cash

Pendant que les Etats développés croulent sous les dettes, certaines multinationales américaines continuent d'engranger du cash dans des proportions impressionnantes. Tour d'horizon des rois de Wall Street !

"En 1968, pour faire un chiffre d'affaires annuel de 1.000 milliards de dollars, il fallait prendre les 6.000 premières sociétés du monde. En 1978, elles n'étaient plus que 50, aujourd'hui elles sont 30, demain, elles seront cinq, peut-être ! ". Dans son film de 1982, "1.000 milliards de dollars", Henri Verneuil brandit, par la voix de Paul Kerjean, un journaliste de "La Tribune" interprété par Patrick Dewaere, les craintes liées au développement des multinationales américaines. Et la limite évoquée n'est pas loin d'être atteinte, puisqu'il suffit de deux sociétés - les compagnies pétrolières Royal Dutch Shell et Exxon Mobil - pour approcher ces fameux mille milliards !


Les rois du pétrole..

Faire un gros chiffre d'affaires, c'est bien... faire de gros bénéfices, c'est mieux ! Et la hiérarchie n'est pas forcément la même. Chaque début d'année, le site internet américain 24/7 Wall St établit le classement des 10 sociétés dont on attend les plus gros profits pour l'année en cours. Pour 2013, ces dix lauréats devraient totaliser la bagatelle de 240 milliards de dollars de bénéfices ! Force est de constater qu'à l'heure où les Etats ont les poches percées, les ténors de Wall Street se portent comme des charmes. Pour faire partie du gotha, appartenir au secteur pétrolier est un plus : avec respectivement 37 et 24 milliards de dollars de bénéfices attendus en 2013, Exxon Mobil et Chevron figurent respectivement en deuxième place et troisième place ex aequo du classement de cette année.


... et ceux de la high tech !

Mais le secteur le plus représenté est la technologie, avec trois sociétés présentes dans ce top 10 du "cash". IBM, véritable vétéran du secteur, puisque la société est centenaire, figure en sixième place ex aequo, confirmant sa capacité à passer entre les gouttes, alors qu'un concurrent comme Hewlett-Packard, trop dépendant du marché grand public, a vu ses comptes virer au rouge. On trouve également (troisième ex aequo) le numéro un mondial du logiciel, Microsoft, qui devrait voir ses profits augmenter de 7% cette année, à 24 milliards de dollars. Mais le champion (numéro un du classement) est évidemment Apple. La société la plus médiatisée au monde est aussi celle qui a la plus forte capacité bénéficiaire, avec des profits encore attendus en hausse de 10% en 2013, à 46 milliards de dollars, ce qui n'empêche pas le marché d'afficher ses doutes sur l'évolution de la stratégie depuis la mort du mentor Steve Jobs, le 5 octobre 2011.

Le classement de 24/7 Wall St inclut aussi deux acteurs du secteur financier (la banque d'affaires JP Morgan Chase et la banque de détail Wells Fargo, connue au temps de la ruée vers l'or pour ses services de courriers express en diligence), le conglomérat très diversifié General Electric, le laboratoire pharmaceutique Pfizer et le numéro un mondial de la grande distribution, Wall Mart, dont la santé contraste avec les difficultés de son concurrent français Carrefour, tombé dans le rouge en 2011. Il n'en reste pas moins que la distribution est un métier à la rentabilité structurellement faible.


Microsoft,  champion des marges

D'après les estimations des analystes, il faudra 467 milliards de dollars de chiffres d'affaires à Wall Mart en 2013 pour réaliser 16 milliards de bénéfices, soit une marge de 3,4%. A l'autre bout de l'échelle, Microsoft aura besoin de "seulement" 80 milliards de chiffre d'affaires pour réaliser 24 milliards de profits, soit une marge de 30%. C'est toute la beauté du modèle du logiciel, un produit virtuel dont le coût de fabrication est très faible et qui s'avère extrêmement rentable une fois les frais de recherche-développement amortis. Le modèle des sociétés pharmaceutiques est un peu comparable et permet à Pfizer d'afficher une rentabilité également très élevé (29% estimés en 2013), malgré une période pas si facile qu'il n'y paraît, le laboratoire souffrant notamment de la concurrence des génériques de son médicament star, le Viagra.

Emmanuel Schafroth

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