Les retards de paiement plombent la trésorerie des PME

Les entreprises ont encore des efforts à faire en matière de respect des délais de paiement de leurs fournisseurs. C'est l'un des constats de la Banque de France, qui vient de publier un rapport sur le sujet.

Certes, le délai moyen recule depuis plusieurs années. En 2011, il est tombé à 53 jours en moyenne, soit 2 de moins que l'année précédente. Une conséquence de la mise en place de la Loi de modernisation de l'économie (LME) en 2008, qui a fixé un délai maximum de 60 jours.

Mais les pratiques abusives sont en "constant renouvellement", notent les auteurs. Ainsi, certaines sociétés peuvent faire pression sur leurs sous-traitants pour que ces derniers reportent l'envoi de la facture. D'autres encore, en contestent le montant ou le libellé, sans motif valable, afin de retarder le paiement.

Surtout, les entreprises fautives restent nombreuses : en 2011, une sur trois n'a pas respecté le délai légal de paiement. Et ces sociétés fâchées avec les factures concentrent 58% des créances commerciales. D'où un risque de contagion, si ces retards venaient à provoquer des défaillances, s'inquiète la Banque de France.

Au total, si les délais de paiement légaux étaient scrupuleusement respectés, les PME bénéficieraient d'un supplément de trésorerie de 13 milliards d'euros, a calculé l'institution.

Pour éviter que ces délais ne repartent à la hausse dans les prochains années, la Banque de France suggère une série de mesures. Elle prône notamment un renforcement des sanctions pour les mauvais payeurs. Reste à savoir si ces propositions seront reprises par le gouvernement.

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