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Les milliards secrets du Pentagone


Chaque année, le Ministère américain de la Défense publie en début d'année sa demande de budget au Congrès américain pour l'exercice suivant. Un bel exercice de transparence... qui a ses limites

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La première armée du monde a évidemment beaucoup de secrets à cacher. Mais quand il s'agit de parler d'argent, le Département de la défense américain joue au maximum le jeu de la communication, publiant chaque année un document extrêmement détaillé, d'environ 150 pages, résumant le projet de budget de l'exercice à venir, qui est ensuite soumis au Congrès. Comme le luxe est dans les détails, ce document va même jusqu'à mentionner le coût qui a été nécessaire à sa réalisation... environ 34.000 dollars pour la dernière édition !

Une fois qu'on entre dans le vif du sujet, ce chiffre apparaît vite dérisoire à côté de l'énorme budget de la machine de guerre américaine. Pour l'année fiscale 2013, son coût prévisionnel est ainsi estimé à 613,9 milliards de dollars, soit environ 4,3% du produit intérieur brut et près de 2.000 dollars par habitant, nourrissons et vieillards compris. Les Etats-Unis dépensent sensiblement la même somme à l'entretien de leurs trois armées, la Navy pointant cependant en tête, avec un budget de 155,9 milliards de dollars, contre 140,1 milliards pour l'armée de l'air et 134,6 milliards pour l'armée de terre (une répartition notablement différente de celle de l'armée française, où les forces terrestres sont les plus choyées, ce qui témoigne d'une configuration géographique et d'une histoire différentes). Pour que le compte soit bon, il faut encore ajouter à cela 94,9 milliards pour les services communs et 88,5 milliards de plus les opérations outremer... autrement dit l'Irak et surtout l'Afghanistan, qui dévore désormais l'essentiel de cette somme.

"Smaller and leaner" (plus petite et plus mince), voici le dernier slogan en date de l'armée américaine : autrement dit, par ces temps de crise, les militaires doivent eux aussi se serrer la ceinture ! Le budget 2013 est déjà en recul de 6% par rapport à son prédécesseur, l'objectif affiché étant une économie de quelque 260 milliards en cumul sur la période 2013-2017. Cette restriction semble toucher tous les postes de dépenses, y compris le "black budget" (budget noir), c'est-à-dire l'ensemble des postes de dépenses pour lesquels la transparence se limite à communiquer sur le montant d'une ligne budgétaire, sans définir précisément son affectation. Bienvenue dans les "programmes classifiés" et autres "activités spéciales" du Pentagone dont certains sont parfois camouflés sous d'énigmatiques noms de code, tels que "chalk eagle" (aigle de craie) ou  "link evergreen" (liaison persistante). D'après les calculs du magazine californien Wired, ces fonds secrets représentent 8,3% du budget 2013 de la défense américaine, soit 51,1 milliards de dollars, à comparer à 56,9 milliards dans le budget précédent. Cette fois, c'est l'armée de l'air qui se taille la part du lion, trustant à elle seule quelque 19,4 milliards de dollars, dont plus de 14 milliards liés à des achats de matériels.

Ce budget noir représente à lui seul autant que le budget national français en matière de défense. Et encore n'inclut-il pas l'activité de renseignement. Pour faire bonne mesure, on ajoutera donc le budget spécial de plus de 19 milliards de dollars alloué au renseignement militaire, sans oublier le "renseignement non militaire" (plus connu de tous les amateurs d'espionnage sous le nom de CIA) qui devrait absorber 55 milliards de dollars supplémentaires l'an prochain.

Emmanuel Schafroth


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