Les hausses à répétition des péages d'autoroutes dénoncées

Les automobilistes sont-ils les vaches à lait des concessionnaires autoroutiers ? Alors qu'une nouvelle hausse des péages entre en vigueur aujourd'hui, une étude vient de dénoncer le système de tarification, jugé "opaque et inadapté". Automobilité & Avenir, un groupe de réflexion mené par Laurent Hecquet, l'ancien délégué général de l'association "40 millions d'automobilistes", critique notamment les hausses à répétition des péages, souvent supérieures à l'inflation.

Cette année, la revalorisation oscille entre 1,18% et 2,29% selon les réseaux et atteint, en moyenne, 1,9%, selon un décompte effectué en décembre dernier par Reuters. L'augmentation s'était chiffrée à 2,5% en 2011, et à 2,2% en 2010.

En cause, selon Automobilité & Avenir : la règle de calcul fixée en 1995 par le gouvernement Balladur, qui ne correspond plus au contexte économique actuel. Depuis, les charges des opérateurs autoroutiers se sont en effet fortement réduites, grâce à la stabilité des charges de construction et à des gains en productivité, estime l'auteur de l'étude. Ce qui a permis à ces groupes de gonfler leurs marges. Le bénéfice après impôts d'APRR a ainsi bondi de 103% depuis 2005, celui d'ASF de 78% sur la même période.

Laurent Hecquet appelle donc à ouvrir un débat sur la nécessité de mener une réforme du système de tarification des péages autoroutiers, afin de "retrouver un prix acceptable et juste pour les usagers". Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, avait annoncé en fin d'année dernière rester "vigilant" concernant les hausses des péages, souhaitant qu'il y ait des contreparties en termes d'emploi et d'investissements.

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