Les généreuses aides dont bénéficient les buralistes critiquées

L'Etat chouchoute-il trop les débitants de tabac ? Dans son rapport annuel, la Cour des Comptes a jugé "injustifiées" les multiples aides dont bénéficient les buralistes, et appelé à revoir rapidement les accords négociés pour la période 2012-2016.

A coté de leurs revenus d'activité, les débitants touchent des nombreuses aides financières publiques, résultant de la superposition de plusieurs dispositifs. Au total, ces subventions ont représenté 2,6 milliards d'euros entre 2004 et 2011, soit environ 300 millions par an, rappelle l'institution.

Les Sages pointent notamment du doigt les "contrats d'avenir", mis en place à partir de 2004, afin de compenser la baisse attendue des revenus des buralistes, en raison des fortes hausses de prix des paquets de cigarettes. Il s'agissait aussi de faciliter la diversification des points de vente, afin qu'ils ne soient pas trop dépendants du tabac.

Mais, contre tout attente, les ventes de tabac ont continué de progresser. Entre 2002 et 2011, elles ont bondi de 21%, passant de 14,7 à 17,8 milliards d'euros. Ce, en dépit de l'envolée de 72% du prix moyen du paquet de cigarettes sur la même période, de 3,60 à 6,20 euros.

Au final, la rémunération moyenne des débitants liée au tabac s'est envolée de 53,9% au cours de ces 9 années, pour atteindre 44.725 euros en 2011. En comptant les aides d'Etat, elle a même atteint 48.564 euros, soit un bond de 67,1%. Soit une hausse de l'ordre 4% par an, après déduction de l'inflation.

La Cour des comptes dénonce aussi l'absence totale de ciblage de ces aides. Conséquence : elles ont surtout profité à des établissements dont le chiffre d'affaires n'a pas reculé. Ce, alors que certains débits situés en zone frontalière (Nord, Nord-Est, frontière pyrénéenne) ont, eux, durement souffert de la hausse des prix.

Certes, le nouveau "contrat ...

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