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Les agences de notation méritent-elles un AAA ?




Elles ont fait irruption dans le paysage médiatique en 2011. Mais ces agences de notation sont-elles des cordonniers bien chaussés. Autrement dit : elles qui jugent les finances des autres s'occupent-elles bien des leurs ?


Souvenez-vous, c'était au début du mois d'août dernier. Alors quasiment inconnue du grand public, l'agence Standard and Poor's s'attire les foudres de l'administration Obama en dégradant la notation financière des Etats-Unis, donnant le signal d'une sévère correction boursière et relançant les inquiétudes sur les finances publiques dans les pays développés. En quelques semaines, la sphère politico-médiatique s'empare de ce fameux AAA pour le mettre à toutes les sauces, tandis que les détracteurs de la finance toute-puissante tirent à boulets rouges sur les fameuses agences, non seulement accusées de ne pas avoir vu arriver la crise de 2008, mais parfois de l'avoir provoquée, voire d'en tirer profit. Les agences de notation ont-elles vraiment profité de la crise ? Ou leur modèle économique a-t-il au contraire été mis à mal ? Bref, ces "guides Michelin" de la finance méritent-ils, eux, les bonnes notent qu'ils décernent ou retirent aux entreprises privées comme aux états ?

La crise de 2008/2009 a laissé des traces

Lorsqu'on se plonge dans les comptes des leaders du secteur, un premier constat s'impose : après une belle trajectoire de croissance jusqu'en 2007, tous ont souffert du marasme financier qui a suivi la faillite de Lehman Brothers en 2008. Avec un chiffre d'affaires passé de 2,3 milliards de dollars en 2007 à 1,8 milliards de dollars en 2009, l'agence américaine Moody's a perdu en deux ans 20% de son volume d'activité. Et surtout, son bénéfice d'exploitation a plongé de 39,2% sur la période. Les deux autres "majors" du secteur ont connu une tendance similaire, le français Fitch voyant son chiffre d'affaires passer de 745 millions d'euros en 2006/2007 à 559,1 millions en 2008/2009 (-28%) et le pôle services financiers du groupe McGraw-Hill (qui regroupe Standard and Poor's et d'autres activités comme le calcul d'indices financiers) reculant de 14% dans le même temps.

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Des marges en recul...

Depuis, les choses se sont améliorées et ces trois principaux acteurs ont renoué avec la croissance ces deux dernières années, les deux américains affichant même en 2011 un chiffre d'affaires supérieur à celui de 2007. Mais pour les bénéfices, c'est une autre histoire : ceux de Moody's en 2011 restent inférieurs de 20% au niveau de 2007 pour un niveau d'activité comparable. Autrement dit, les marges des agences ont reculé... à l'exception de celles de Fitch, qui reste cependant moins rentable que ses concurrents.

... mais toujours élevées

Et puisqu'on en parle de rentabilité, la notation financière, ça rapporte ? Réponse : oui, et même beaucoup ! Pour s'en convaincre, examinons les résultats 2011 du groupe McGraw-Hill (voir ci dessous), propriétaire de l'agence Standard and Poor's, mais aussi d'actifs dans les médias (Aviation week, notamment) ou l'édition de livres scolaires et universitaires. Si Standard and Poor's représente moins de 30% du chiffre d'affaires de sa maison-mère, elle génère 44% des bénéfices, grâce à une marge d'exploitation de 40,7% très supérieure à celle des autres activités du groupe. Moody's n'est guère en reste (39% de marge d'exploitation) et même Fitch, le plus petit des trois ténors, affiche une marge très confortable de 31%. L'intérêt du modèle économique réside aussi dans le fait qu'une assez large part des revenus (42% dans le cas de Moody's) est réalisée au travers d'abonnements souscrits par les acteurs du monde de la finance, ce qui garantit une assez bonne récurrence de l'activité. C'est ce qui explique que, si les agences n'ont pas bénéficié de la crise, elles n'en n'ont pas excessivement souffert. Une telle solidité mérite-t-elle un "triple A" ? Hé bien non ! Mais si cette note d'excellence est généralement réservées aux états, Moody's obtient tout de même un très honorable BBB+, selon... Standard and Poor's. Car dans le petit monde des agences de notation, on note même la concurrence !



Emmanuel Schafroth

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