Les 10 plus grandes banqueroutes de l'Histoire

Si vous aviez en tête le classement des plus gros naufrages d'entreprises d'il y a encore 5 ans, il est temps de mettre vos fiches à jour. Et surtout accepter une nouvelle réalité : si la plupart des banqueroutes d'autrefois avaient une explication interne: modèles d'affaires douteux, malversations comptables, changement d'environnement... depuis 2008, des entreprises centenaires s'effondrent à cause de "la crise", sans autre explication. Doit-on y voir un signe que l'économie mondiale est en train de changer d'ère et de se débarrasser des reliquats de la finance irrationnelle et du pétrole, tellement XXème siècle ?... Petit palmarès de ces boîtes qui se sont mises, à un moment de leur histoire, en cessation administrative de paiement.

1. Lehman Brothers (2008) $691 Mds d'actifs. Ça y est, la crise est lancée en ce 15 septembre 2008. La banque d'investissement voit ses actifs dans le crédit immobilier sentir le roussi avec la crise des subprimes, et liquide à tour de bras. La Réserve fédérale américaine se dit qu'il faut faire un exemple et laisse couler l'entreprise fondée en 1850. 26 800 employés devront mettre à jour leur CV.

2. Washington Mutual (2008) $327,9 Mlds d'actifs. Dans le sillage de Lehman, l'ancienne caisse d'épargne "WaMu" voit ses prêteurs faire la queue pour récupérer leurs sous. La banque ferme boutique avant d'être revendue pour une poignée de figues à JPMorgan Chase. Enfin... près de deux milliards quand même. C'est étonnant quand même d'être banquier, de miser sa croissance sur la bulle immobilière et de se laisser surprendre lorsque tout éclate...

3. Worldcom (2002) $103,9 Mlds d'actifs. Oui, il y a eu des crises avant les subprimes. Worldcom avait tout pour devenir le maître de l'univers dans cette ère numérique qui s'ouvre au début du nouveau millénaire : un nom qui pète, et la propriété des "backbones", ces câbles sous-marins qui traversent les océans et sur lesquels s'appuie la communication mondiale. Mais Worldcom est également inventif dans sa comptabilité et annonce 11 milliards de revenus totalement fictifs. Effondrement des cours, 5 ans de prison pour le directeur financier et faillite spectaculaire.

4. General Motors (2009) $91 Mlds d'actifs. Paradoxalement, les chutes financières sont encore plus douloureuses quand elles ne sont pas violentes. Si GM a serré les dents pendant les premiers mois de la crise, c'est bien l'érosion d'une certaine idée de l'économie qui tire vers le fond celle qui fut la plus prestigieuse société de la planète. GM coule mais, en entreprise patriotique, ne vend rien aux Chinois. Mais coule quand même.

5. CIT (2009) $71 Mlds d'actifs. Commercial Investment Trust aura distillé ses services financiers pendant un siècle. En 2008, le groupe devient véritablement une banque pour bénéficier de l'enveloppe d'aide fédérale, en réponse à la crise, et oublie un détail tout bête : à un moment, il faut rembourser. Un an plus tard, CIT rentre dans l'Histoire en quittant le présent.

6. Enron (2001) $65,5 Mlds d'actifs. Le géant du gaz avait non seulement pris quelques risques sur le marché spéculatif de l'électricité, mais avait maquillé ses comptes en créant environ 3000 sociétés offshore qui lui permettait de faire passer de l'endettement pour des opérations commerciales. Pas idiot. Mais ça s'est vu et la société en charge des audits d'Enron l'accompagnera en enfer. L'une des plus retentissantes.

7. Conseco (2002) $61 Mlds d'actifs. Bien que très actif dans le monde impitoyable de l'assurance, Conseco n'est pas un assureur. Cette curieuse boite gère une ribambelle de filiales, et notamment Green Tree Financial, spécialisée dans le financement de mobile homes, qui va faire s'écrouler ce meccano financier. Le "financement de mobile-home"... Soyons sérieux.

8. Chrysler (2009) $39 Mlds d'actifs. Malgré des aides fédérales et des restructurations engagées depuis l'alliance conclue avec l'Allemand Daimler, Chrysler sombre. Fiat entre dans le capital, la marque découvre le concept de "voiture compacte", des emplois en Amérique du Nord disparaissent par milliers et l'entreprise ne renoue pas avec la profitabilité. Le 30 avril 2009, le législateur met le projet en boule, le jette à la corbeille et dit "ok les gars, on reprend tout à zéro..."

9. Thornburg Mortgage (2009) $36,5 Mlds d'actifs. Le parangon de l'institution opaque qui récupère des courants d'air sur le vent qu'elle parvient à déplacer. Regrouper des crédits immobiliers et refiler le bébé, à un moment, c'est un peu faire à l'économie ce que les farines animales ont fait à la Nature : l'insulter ouvertement. La crise aura aussi eu du bon en faisant (un peu) le ménage.

10. Pacific Gas and Electric Company (2001) $36,1 Mlds d'actifs. Quand on monte une boite en 1905 dans une ville, San Francisco, qui connaitra un séisme dévastateur en 1906, on sait qu'on est mal barré. Mais après avoir survécu à cette catastrophe, PG&E Co. ne craint plus rien, même pas une galère financière liée à un changement de régulation (obligation de répondre à la demande sans changer ses tarifs) combinée à une sécheresse sévère qui l'oblige à acheter de l'énergie sur un marché en hausse. En 2001, l'entreprise dépose les armes avant de renaître en 2004 et de redevenir très profitable l'année suivante. C'est ça aussi l'Amérique.

Et vous, vous trouvez ce grand ménage salvateur ou inquiétant ?

Source : instantShift

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