Le lobby bancaire vent debout contre le plafonnement des commissions d'intervention

Les banques repartent à l'attaque. Après avoir vivement contesté le projet de séparation de leurs activités commerciales et spéculatives, les établissements financiers cherchent désormais à convaincre les députés de ne pas toucher aux commissions d'intervention qu'elles ponctionnent.

Pour rappel, ces commissions, qui sont prélevées notamment lorsqu'une personne à découvert effectue un paiement, et viennent donc s'ajouter aux agios, sont particulièrement critiquées. Actuellement, ces frais s'élèvent en moyenne à 8,59 euros par opération, et peuvent atteindre potentiellement 350 euros par mois dans certains établissements, avait révélé l'association de défense des consommateurs CLCV, dans une enquête publiée en janvier. Au total, cela représente un joli pactole, évalué à environ 1,8 milliard d'euros par an.

Pour éviter les abus, le gouvernement veut donc plafonner ces commissions. Les députés, qui étudient ce texte dans le cadre de la réforme bancaire, ont même durci le dispositif, en adoptant un amendement visant à élargir ce plafond à tous les consommateurs, alors qu'il devait s'appliquer, dans sa version initiale, aux "clients en situation de fragilité". Le montant du plafond, qui devra être précisé par décret si le texte est adopté par le Parlement, pourrait être fixé à 5 euros par opération et à 40 euros par mois, selon le député Christian Paul, député PS de la Nièvre, l'un des fervents défenseurs de ce texte dans l'hémicycle.

Evidemment, les établissements financiers ne l'entendent pas de cette oreille, et protestent par la voix de la Fédération bancaire française (FBF). "Cet encadrement généralisé des commissions d'intervention se traduira par (…) une augmentation des rejets de paiements, ce qui sera pénalisant pour les consommateurs comme pour les commerçants", fait valoir l'organisation, qui regroupe toutes les banques installées en France, ...

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