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Le köpskam, ce phénomène venu de Suède qui fait trembler le secteur de la mode

Le köpskam ou ce phénomène venu de Suède qui fait trembler le secteur de la mode

Après le flygskam et la honte de prendre l’avion, place désormais au köpskam qui dénonce le côté excessif de la consommation de vêtements en Suède. 

Vous avez sans doute entendu parler ces derniers mois du flygskam. Ce mot - qui a intégré officiellement la langue suédoise en 2018 - signifie “la honte de prendre l’avion”. Né en Suède, ce mouvement consiste à privilégier tout autre moyen de transport que l’avion pour des raisons environnementales.

Hasard ou coïncidence, l’agence suédoise des transports a dans la foulée révélé une légère baisse du nombre de passagers dans l’aérien (-4,4 %) sur un an au premier trimestre 2019. Sans être réellement à l’origine de cet élan, la jeune militante Greta Thunberg a pesé de tout son poids dans la prise de conscience de ses compatriotes. Pour rejoindre Davos (Suisse), lors du Forum économique mondiale en janvier 2019, l’adolescente n’a pas hésité à se coltiner 32 heures de train

"J’ai arrêté de prendre l’avion par conviction parce que je ne veux pas dire une chose et agir autrement", avait-elle déclaré à l’AFP. "J’estime qu’il est insensé que des personnes qui discutent notamment ici du dérèglement climatique, arrivent en jet privé”.

Après les avions, la Suède s’attaque à la mode

Après avoir fait la guerre aux avions, la Suède veut désormais affronter le secteur de la mode avec le köpskam. Vous ne parlez pas suédois couramment ? Littéralement, ce nouveau mot à la mode chez nos amis suédois signifie “la honte d’acheter”. Ici, il ne s’agit pas de dénoncer les personnes qui font leurs courses le samedi matin à Lidl, Leclerc ou Auchan. C’est plutôt le shopping et l’achat compulsif et massif de vêtements qui est dénoncé.

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Souvent aux premières places et cité en exemple lorsqu’il s’agit de mener des politiques environnementales et climatiques ambitieuses, le pays nordique fait figure d’élève modèle dans ce domaine. Il n’est pas étonnant de voir la Suède en première ligne pour s’attaquer à la deuxième industrie la plus polluante au monde. On attribue aux producteurs de vêtements l'émission de 1,2 milliard de tonnes de CO2 par an. En 2015, les Européens ont acheté plus de 6 millions de tonnes de nouveaux habits et chaussures, selon une étude du Parlement européen.

Un désastre environnemental causé en partie par la fast fashion qui repose sur des vêtements à bas prix avec une durée de vie très courte du fait de leur mauvaise qualité. Au pays qui a vu naître H&M, le géant suédois et mastodonte en la matière, l’ironie est évidente. Place désormais aux actes. Si dans le domaine du recyclage, les Suédois sont difficilement critiquables, les Français commencent aussi à s’y mettre.

Selon l’Institut Français de la Mode, près de 2 Français sur 5 ont acheté des articles de seconde main en 2019. Alors, le köpskam, on s’y met tous en 2020 ?