Le flop de la retraite pour pénibilité

La retraite à 60 ans subsiste pour les salariés du secteur privé ayant eu une "carrière pénible". Ce dispositif est tellement restrictif qu'il ne concerne, en réalité, qu'une poignée d'actifs.

Certains salariés peuvent-ils échapper au relèvement progressif de l'âge de la retraite à 62 ans ? En théorie, oui. Depuis le 1er juillet 2011, un dispositif spécifique permet aux assurés du secteur privé qui ont eu une "carrière pénible" de continuer à partir en retraite dès 60 ans. Quelle que soit la durée d’assurance dont ils justifient, ils peuvent percevoir leurs pensions à taux plein. Mais pour y prétendre, il faut justifier d’un taux d’incapacité permanente d'au moins 20% (voire 10% sous certaines conditions) lié à un accident du travail ou à une maladie professionnelle. Autant dire, qu'ils sont bien peu à rentrer dans ces critères.

Au 10 décembre 2012, 6.136 demandes de retraite pour pénibilité avaient été déposées auprès du régime général depuis son entrée en vigueur en 2011. Un peu plus de la moitié des dossiers (3.872) ont reçu une réponse positive, 1.042 ont été refusés et 1.140 demandes étaient encore en cours d’instruction.

A titre de comparaison, 84.600 personnes ont bénéficié de la "retraite pour inaptitude", soit une liquidation sur six. A la différence de la retraite "pénibilité", ce dispositif est ouvert à l’ensemble des salariés reconnus inaptes au travail, que ce soit lié ou non à leur activité professionnelle. En revanche, ce dispositif ne permet de partir en retraite qu'à l’âge minimum de la retraite applicable à leur génération (60 ans progressivement porté à 62 ans). Les assurés bénéficient alors d'une retraite à taux plein, quelle que soit la durée d’assurance dont ils disposent.

Pour le Conseil d'orientation des retraites (COR), ces chiffres montrent que le nouveau dispositif "pénibilité" n’est pas à la hauteur des ...

... Lire la suite sur capital.fr