La recette infaillible (mais subtile) pour composer une bonne équipe de direction

Voici une vaste étude au sujet aussi ardu que passionnant : comment mesurer l’impact économique des dirigeants sur la performance de leur entreprise ? Menée par McKinsey et le cabinet de chasseurs de têtes Egon Zehnder, elle concerne 5.560 cadres et dirigeants de 47 grands groupes de tous secteurs. Ils ont été évalués (ainsi que leur équipe) sur huit critères clés (conduite du changement, service du client, capacité à recruter des talents…), et leurs notes (sur 7 points) ont été comparées aux résultats économiques de leur société. Les enseignements qui en sont tirés sont parfois surprenants.

Bien sûr, le poncif selon lequel les entreprises qui emploient des dirigeants moyens ont des résultats moyens est confirmé par cette enquête. Mais elle met aussi en évidence qu’avoir des managers bons dans tous les domaines ne suffit pas. Mieux vaut des cadres qui excellent dans deux ou trois «compétences clés» (sur les huit étudiées), à condition que d’autres membres de l’équipe disposent des cordes manquant à leur arc. Un dirigeant fin stratège mais piètre meneur d’hommes ne freinera pas sa société si l’un de ses collaborateurs est particulièrement agile en management.

L’étude avance aussi que certaines compétences ont beaucoup plus d’impact que d’autres sur les résultats – la compréhension des besoins du client compte par exemple davantage que la capacité à organiser l’entreprise. Autre conclusion : la société doit, pour compter parmi les meilleures, posséder un pourcentage minimal d’excellents dirigeants – 40% de surdoués en compréhension du client, par exemple. Les génies étant rares, la guerre des talents va repartir de plus belle.

Les chiffres à retenir :

> 3 sur 8, c’est le nombre minimal de compétences clés (travail en équipe, pédagogie, conduite du changement…) dans lesquelles un dirigeant doit exceller pour prétendre avoir un impact sur la croissance de son...

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