par Howard Schneider et Jason Lange
WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a relevé mercredi ses taux d'intérêt pour la première fois depuis près de 10 ans en exprimant sa confiance dans le fait que l'économie des Etats-Unis avait désormais largement surmonté les conséquences de la crise financière de 2007-2009.
Usant d'un ton accommodant, la Réserve fédérale souligne clairement que cette hausse de taux est une première étape d'un resserrement "progressif" de sa politique monétaire et qu'elle surveillera avant tout l'inflation avant de décider d'un nouveau relèvement des taux.
A l'issue d'une réunion de deux jours, le comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed a décidé à l'unanimité de relever de 25 points de base sa fourchette d'objectif du taux des Fed Funds à 0,25%-0,50%, alors qu'elle la maintenait proche de zéro depuis le 16 décembre 2008.
Cette première hausse des taux depuis 2006 aux Etats-Unis était largement anticipée par les investisseurs et la Bourse de New York a réagi positivement à la perspective de futurs relèvements seulement "progressifs", le Dow Jones finissant sur un gain de 1,28%.
Le dollar a pour sa part effectué des va-et-vient entre 1,09 et 1,10 pour un euro, au gré des déclarations de Janet Yellen, la présidente de la Fed.
"Avec une économie qui se comporte bien et qui devrait continuer à le faire, le comité a jugé qu'une hausse modeste de l'objectif des Fed Funds est maintenant appropriée", a dit Janet Yellen au cours d'une conférence de presse, tout en soulignant que, "même après cette hausse, la politique monétaire reste accommodante".
Dans le communiqué accompagnant sa décision, le FOMC a souligné l'"amélioration considérable" du marché du travail aux Etats-Unis, avec un taux de chômage tombé à 5%, et il s'est dit "raisonnablement confiant dans le fait que l'inflation progressera à moyen terme vers son objectif de 2%".
Jugeant que la reprise économique avait fait "de grands progrès" mais qu'elle n'était "pas encore achevée", Janet Yellen a laissé entendre que la hausse des taux ne serait pas automatique à l'avenir mais qu'elle dépendrait de l'évolution prévisible de la situation de l'économie américaine.
PROJECTIONS ÉCONOMIQUES INCHANGÉES
"Pour maintenir l'économie sur sa trajectoire de croissance (...) nous aimerions éviter une situation dans laquelle nous maintiendrions (une politique monétaire) si accommodante pendant si longtemps que nous aurions à la resserrer brutalement", a dit la présidente de la Fed.
Les contrats sur les futurs de taux indiquent que les traders anticipent désormais une prochaine hausse des taux en avril.