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Dans l’interview de Macron à L’Opinion, ces phrases ne vont pas apaiser les syndicats

Emmanuel Macron, lors d’une réception sur le perron de l’Élysée le 10 mai.
Emmanuel Macron, lors d’une réception sur le perron de l’Élysée le 10 mai.

POLITIQUE - Emmanuel Macron veut « apaiser » mais aussi et surtout continuer à « avancer ». C’est dans cette logique que la Première ministre Élisabeth Borne a convié les organisations syndicales à Matignon les 16 et 17 mai pour tenter de renouer un dialogue rompu à cause de la réforme des retraites. Le succès de ces rendez-vous n’est pas garanti et la dernière interview d’Emmanuel Macron au journal L’Opinion ce dimanche 14 mai risque de ne pas aider.

S’il détaille (encore) sa vision et ses ambitions pour la suite, le président de la République n’échappe pas à la réforme des retraites et au mouvement social qui l’accompagne depuis le mois de janvier. Mais le chef de l’État relativise : « Quand j’observe le nombre de grévistes, le nombre de manifestants, ce n’est pas une crise sans précédent. Il y avait moins de grèves qu’en 2010, et même qu’en 2019-2020 », estime Emmanuel Macron.

Le constat est, certes, exact concernant le nombre de grévistes qui n’a jamais mis la France à l’arrêt mais la mobilisation dans la rue est inédite depuis mais 68.

Surtout, le président de la République fustige à plusieurs reprises le « déni de réalité » et « l’irresponsabilité collective » qui font qu’« il y a une agrégation des oppositions, mais pas de proposition » alternative au recul de l’âge de départ à la retraite. « Que l’on m’explique comment, sans réforme (avec recul de l’âge, ndlr), financer une proposition de loi à 15 milliards d’euros. Par le déficit, avec les intérêts à venir ? En réduisant d’autres politiques publiques ? En baissant les pensions ? En augmentant les cotisations ? Certains disent ’les gros salaires doivent payer’. Ne nous mentons pas : les classes moyennes aussi devront payer. Voilà la vérité. Tous ceux qui contribuent au déni de réalité préparent l’arrivée des extrêmes », tacle-t-il.

Vers du sur-place à Matignon?

Le chef de l’État vante son sens du compromis, - passer des 65 aux 64 ans et à l’accélération du Touraine - et déplore que « personne n’ait voulu en faire également. Seul le retrait a été exigé ». « On ne peut s’affranchir du débat (sur le financement), quand on est une force politique républicaine, quand on est un syndicat dans le champ républicain, quand on est une force patronale… Voilà la vérité qu’on doit aux Français », ajoute-t-il, en évoquant brièvement la proposition de loi pour abroger le recul de l’âge en débat à l’Assemblée le 8 juin.

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La pique n’est pas nouvelle. Le 22 mars, Emmanuel Macron avait déploré que les syndicats n’aient pas proposé de « compromis »... et provoqué immédiatement la colère de Laurent Berger: « :Déni et mensonges ! La CFDT a un projet de réforme des retraites» avait fulminé le secrétaire général de la centrale.

Cette fois-ci Emmanuel Macron cite aussi bien les parlementaires d’opposition que les syndicats. Mais ce reproche répété risque de ne pas apaiser les esprits cégétistes, qui ont longtemps fait du retrait de la réforme une condition sine qua non à toutes discussions. La nouvelle secrétaire générale, qui se rend mercredi en fin de journée à Matignon, n’en démord pas : « Nous allons dire que nous refuserons toutes discussions sur des sujets régressifs (...) mais par contre nous allons dire qu’il y a beaucoup d’exigences dans le monde du travail : évidemment le retrait de cette réforme mais aussi l’augmentation des salaires par exemple », répète Sophie Binet sur le plateau du Grand Jury ce dimanche.

Le dernier rendez-vous de l’intersyndicale à Matignon le 5 avril avait tourné court, après le refus de la Première ministre de retirer le texte. Le nouveau round prévu, cette fois sous la forme d’entretiens bilatéraux, peut difficilement faire pire, mais rien n’indique qu’il permettra « d’avancer » comme le souhaite tant le couple exécutif.

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