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L’inflation s’invite aussi dans le lait infantile et les couches pour bébés

Le prix des boîts de laits infantiles a augmenté de 11 à 33 % en deux ans dans les supermarchés français.
Le prix des boîts de laits infantiles a augmenté de 11 à 33 % en deux ans dans les supermarchés français.

Les coûts des produits pour bébés tels que les couches et le lait en poudre ont largement augmenté en France, mettant en difficulté des jeunes parents parfois déjà en situation de précarité.

INFLATION - Ils repoussent leurs projets à plus tard, limitent leurs dépenses au strict minimum et s’enfoncent dans une fragilité financière. Alors que le gouvernement a lancé le « trimestre anti-inflation » pour réguler la flambée des prix de l’alimentaire, les jeunes parents sont confrontés à la hausse des coûts des produits pour bébés, comme le lait en poudre ou les couches.

« Le prix du lait infantile en poudre a augmenté de trois ou quatre euros par boîte », explique Philippe Besset, président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France. Et sur ces produits, les officines n’ont pas toujours les moyens d’intervenir sur le prix. « On a une marge minime de 5 % environ sur le lait en poudre. Mais une fois qu’on a enlevé la marge, on reste obligé de répercuter l’inflation sur le consommateur. Et ça, c’est terrible ! », regrette le pharmacien.

Une augmentation que confirme le magazine Parents, qui rapporte que les laits en poudre ont augmenté de 11 à 33 % en deux ans dans les supermarchés français. Et cela pèse lourd dans le budget des jeunes parents, qui vivent déjà parfois dans des situations précaires.

« J’en viens à regretter de ne pas avoir allaité »

« Je ne sors plus, je n’achète rien à part le strict nécessaire », souligne Pauline qui élève seule sa fille née il y a huit mois. La jeune femme est tombée enceinte sous pilule et le père n’a pas souhaité reconnaître l’enfant. « On ne se connaissait que depuis quelques semaines et il n’avait pas envie d’avoir cette responsabilité. J’ai accepté et fait le choix d’assumer seule ma petite Eva, avec un seul salaire », raconte-t-elle au HuffPost.

Agente d’accueil dans une salle de sport, cette Lyonnaise de 26 ans gagne moins de 1 400 euros net par mois. « De ça, il faut déduire un loyer de 700 euros, les charges, le coût de la voiture, de la crèche, des courses… Et mine de rien, un enfant, ça coûte cher, plaisante Pauline. C’est très dur de m’en sortir. Je suis sans arrêt en train de calculer chaque dépense, y compris pour ma fille et ça, ça me tue. J’aurais aimé pouvoir tellement plus la gâter. »

Si sa situation financière a toujours été fragile depuis la naissance d’Eva, elle s’est aggravée depuis quelques mois. La majeure partie de son budget est consacrée à sa fille, mais celui-ci est largement impacté par l’inflation sur le lait maternisé. « J’en viens à regretter de ne pas avoir allaité », avoue Pauline.

Actuellement, la mère célibataire dépense en moyenne 16 euros pour une boîte de lait infantile, contre 12 euros en janvier. « Ça, plus les couches, ça représente un budget monstre », avance-t-elle.

+58 % pour des couches

Le réseau des pharmacies Lafayette a ainsi alerté, en janvier, sur la hausse des prix de certains de leurs produits, notamment sur les couches pour bébé. Ces dernières, de la marque Pampers Harmonie, ont augmenté de 58,5 % en un an. Contacté par Le HuffPost pour comprendre les raisons derrière cette inflation, Pampers n’a pas donné suite.

Mais cette flambée des prix pourrait s’étendre à l’ensemble des marques de couches jetables. Dans un entretien au Parisien début mars, le PDG de Système U, Dominique Schelcher, affirme qu’il s’attend à une hausse « du prix des couches de 25 % » dans les prochaines semaines. Cela serait dû, selon lui, aux demandes tarifaires des distributeurs et industriels.

« Ça devient ridicule, déplore Louis. C’est un produit de première nécessité, ça ne peut pas continuer comme ça. » Devenu père pour la deuxième fois il y a six mois, l’informaticien parisien a vu sa qualité de vie « en prendre un coup ». Si lui et sa compagne cumulent 4 200 euros net de salaire, « vivre à Paris avec l’inflation et deux enfants en bas âge, c’est difficile ».

« Lorsque ma fille est née, il y a quatre ans, les prix n’étaient absolument pas les mêmes. Là, le lait en poudre est bien plus cher, mais ce qui est le plus flagrant, ce sont les couches ! On doit débourser environ 19 euros par paquet alors que, dans mes souvenirs, on déboursait 13 ou 14 euros pour notre aînée », affirme Louis. Une hausse d’autant plus pénalisante que, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, un enfant consomme entre 3 800 et 4 800 couches avant l’apprentissage de la propreté.

Des solutions parfois radicales

Pour limiter l’impact de l’inflation sur son budget, Pauline a intégré différents groupes Facebook dans lesquelles des parents donnent ou vendent à petits prix des couches ou du lait infantile dont ils n’ont plus besoin. « J’essaye d’être toujours la première à répondre aux annonces. C’est un vrai soulagement quand je vois que je peux économiser 35 euros sur la semaine grâce à ça », explique-t-elle.

Cette hausse des prix donne des envies d’ailleurs à Louis et sa compagne. Parisiens de naissance, ils envisagent de partir dans une autre région, où les loyers et les supermarchés sont moins chers. « Ça nous crève le cœur parce que tout notre entourage est ici, mais là, c’est plus possible. On a 33 et 35 ans et on n’arrive pas à mettre de côté pour plus tard. On marche constamment sur des œufs », admet le père de famille.

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