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Sur l’immigration, un accord entre LR et le gouvernement est-il encore possible ?

Sur l’immigration, un accord est-il encore possible entre LR et le gouvernement ? (photo d’illustration prise le 5 avril à Matignon)
Sur l’immigration, un accord est-il encore possible entre LR et le gouvernement ? (photo d’illustration prise le 5 avril à Matignon)

POLITIQUE - Renverser la table avant de s’asseoir autour pour négocier. C’est un peu ce que viennent de faire Les Républicains en dévoilant, dans les colonnes du Journal du Dimanche, leurs propositions très offensives sur l’immigration. À l’heure, où, le gouvernement s’apprête à lancer des négociations sur un hypothétique projet de loi en la matière, Éric Ciotti défend un « projet de rupture, à la fois audacieux et sérieux », en deux lois.

Il prévoit, entre autres, de donner la possibilité de déroger au droit européen, de soumettre la politique migratoire au référendum, de rétablir le délit de séjour clandestin - abrogé il y a plus de dix ans - ou de réformer drastiquement l’Aide médicale d’État (AME).

Un « copier-coller » des propositions du Rassemblement national, selon les principaux intéressés, qui demandent ce lundi 22 mai des droits d’auteur au parti de la rue de Vaugirard. Et une façon, pour la droite, de mettre la pression sur la majorité présidentielle et sa ligne plus « équilibrée », selon le vocable en vigueur, après des mois de valses-hésitations entre Beauvau, l’Élysée et Matignon.

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Problème : le projet droitier des Républicains, jugé « très intéressant » par Eric Zemmour, exacerbe les désaccords majeurs entre deux camps qui ont besoin l’un de l’autre pour faire voter un quelconque projet au Parlement. Au point de réduire à peau de chagrin d’éventuelles opportunités d’accords et d’ajouter de l’incertitude à un texte déjà mal embarqué.

Entre ligne rouge et menace de censure

En réalité, les négociations virent au bras de fer avant même qu’elles aient commencé. Olivier Dussopt, le ministre du Travail, chargé avec Gérald Darmanin de mener les discussions sur le futur projet de loi immigration du gouvernement, parle de mesures « inenvisageables » proposées par LR.

« C’est le contraire de la construction européenne et ça nécessite évidemment une révision constitutionnelle, chose assez impossible à mes yeux, surtout dans ce sens-là, et qui par ailleurs singulariserait et stigmatiserait la position de la France au sein de l’Union », a-t-il ainsi expliqué sur franceinfo, dans le sillage de plusieurs cadres de la majorité, sévères à l’égard des propositions d’Olivier Marleix, Éric Ciotti et Bruno Retailleau.

« Les positions des LR sont désormais alignées sur celles du Rassemblement national », a cinglé Sacha Houlié, le président Renaissance de la Commission des Lois de l’Assemblée, dès dimanche dans une déclaration à l’AFP, en appelant la droite à « venir négocier plutôt que pérorer. »

De l’autre côté, Les Républicains refusent tout un pan du projet voulu par Emmanuel Macron. Le chef de l’État veut certes serrer la vis sur l’immigration illégale mais il prône en même temps la possibilité de régulariser certains travailleurs dans les secteurs en tension. Un point ardemment défendu par l’aile gauche de la majorité, mais dont LR ne veut pas entendre parler.

Olivier Marleix, le chef des députés LR, n’hésite pas à agiter la menace d’une « motion de censure » - qui aurait des chances d’être adoptées sur le papier - en cas de 49.3 de la Première ministre sur « un texte laxiste ». De quoi illustrer le rapport de force qui s’engage entre la droite et la majorité avec les négociations à venir Place Beauvau.

Le gouvernement veut y croire

Dans ces conditions, le camp présidentiel ne veut pas renoncer formellement à un accord avec Les Républicains. « Laissons le temps nécessaire à cette discussion », a plaidé Olivier Dussopt, ce lundi sur franceinfo, en réaffirmant son souhait de trouver « un compromis » avec « les formations, les groupes politiques. »

Parmi les terrains de discussions possibles, Sacha Houlié évoque notamment l’instauration de quotas et d’un débat annuel au Parlement, sur les critères d’expulsion des étrangers délinquants, ou encore sur le « panier de soins » de l’aide médicale d’État. « En fait, ils arrivent dans la négociation avec des positions très dures, c’est le jeu », résume un conseiller de l’exécutif dans les colonnes du Parisien

La posture d’Éric Ciotti et de ses comparses complique en tout cas la donne pour l’exécutif, qui a accumulé les revirements de calendrier et de formats sur ce texte inflammable politiquement et capable de diviser ses troupes. C’est déjà faute de majorité, et face à l’impossibilité de trouver un compromis avec la droite, qu’Élisabeth Borne avait renvoyé les discussions à plus tard fin avril en présentant ses « 100 jours d’apaisement », avant qu’Emmanuel Macron remette le sujet sur la table.

Désormais, le spectre d’une nouvelle impasse politique plane sur l’exécutif. Et les stratèges phosphorent pour trouver la meilleure riposte. Le 10 mai dernier, un membre de la majorité imaginait la suite : « On laisse Les Républicains déposer leur texte très à droite, puis on le désosse », expliquait-il au HuffPost, gourmand devant l’idée de prendre la droite à son propre piège : « résultat, soit ils votent contre leur texte, soit ils votent le nôtre. Parallèlement, on dépose un texte de régularisation ». Avec cette fois, l’espoir que la gauche le vote.

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