La bourse est fermée
  • CAC 40

    5 611,69
    -69,45 (-1,22 %)
     
  • Euro Stoxx 50

    3 599,55
    -41,82 (-1,15 %)
     
  • Dow Jones

    30 814,26
    -177,26 (-0,57 %)
     
  • EUR/USD

    1,2085
    -0,0071 (-0,58 %)
     
  • Gold future

    1 827,70
    -23,70 (-1,28 %)
     
  • BTC-EUR

    29 291,26
    +316,00 (+1,09 %)
     
  • CMC Crypto 200

    701,93
    -33,21 (-4,52 %)
     
  • Pétrole WTI

    52,04
    -1,53 (-2,86 %)
     
  • DAX

    13 787,73
    -200,97 (-1,44 %)
     
  • FTSE 100

    6 735,71
    -66,25 (-0,97 %)
     
  • Nasdaq

    12 998,50
    -114,14 (-0,87 %)
     
  • S&P 500

    3 768,25
    -27,29 (-0,72 %)
     
  • Nikkei 225

    28 519,18
    -179,08 (-0,62 %)
     
  • HANG SENG

    28 573,86
    +77,00 (+0,27 %)
     
  • GBP/USD

    1,3583
    -0,0108 (-0,79 %)
     

L'économie indonésienne ou le miracle discret

Economie- Indonésie

Lors de la crise asiatique de 1997/1998, cet archipel de plus de 17.000 îles avait particulièrement souffert. Suite à l'éclatement de la bulle financière thaïlandaise, les investisseurs étrangers avait fuit en masse la région, provoquant une lourde chute de la monnaie et une grave crise économique et financière. Entre 1997 et 1998, la richesse par habitant (PIB par habitant) de l'Indonésie, exprimée en dollars, avait tout simplement été divisé par deux ! En mai 1998, la crise dégénère même en émeutes à Jakarta, conduisant à la démission du président Suharto, après plus de 30 années de pouvoir sans partage.

La deuxième vague des pays émergents

Ce passé semble désormais bien loin. Si le spectaculaire développement de l'Asie au cours de la décennie passée n'a échappé à personne, on pense plus souvent à la Chine ou à la Corée du Sud qu'à la discrète Indonésie. Pourtant, la Bourse de Jakarta vole de record en record. Selon les données de Russell Indexes arrêtées au 23 avril, son indice a bondi de 17,5% depuis le début de l'année : une des meilleures performances des pays émergents, contrastant avec celles de la Chine (-3,7%) ou de la Russie (-10,4%). La croissance chinoise des 10 dernières années s'est accompagnée d'une forte hausse des coûts salariaux, qui avantage aujourd'hui des pays plus périphériques, comme l'Indonésie. "Les exportations de produits manufacturés d'Asie du Sud-est deviennent de plus en plus compétitives sur les marchés mondiaux. En Chine, les coûts de main d'œuvre sont aujourd'hui quatre fois plus élevés qu'en Indonésie", explique Ali Yahdin Saugi, responsable de la gestion actions de PT BNP Paribas IP, à Jakarta.

Le secret de la croissance indonésienne : une urbanisation équilibrée

Alors que la Chine essaye aujourd'hui de limiter sa dépendance économique aux exportations, l'Indonésie, quatrième pays le plus peuplé au monde avec quelque 240 millions d'habitants répartis sur ses 17.000 îles, peut déjà compter sur la force de sa consommation intérieure. C'est elle le véritable moteur d'une croissance économique dynamique et stable, qui atteint ou dépasse 6% par an ces dernières années, l'année 2009 ayant marqué un léger creux, à 4,5% tout de même. Quel est le secret du miracle indonésien ? Il est à chercher dans une urbanisation réussie, car équilibré entre plusieurs métropoles, selon Ali Yahdin Saugi. Une quinzaine de villes indonésiennes avoisinent ou dépassent le million d'habitants (la capitale Jakarta en comptant près de 9 millions). C'est une des conséquences de la loi de décentralisation de 2001, qui a permis le développement des provinces et favorisé une hausse des dépenses d'infrastructures et un afflux de capitaux étrangers. "L'emploi et le salaire minimum augmentent beaucoup plus vite dans les provinces, entraînant un flux de migration interne", constate Ali Yahdin Saugi.

Un pays largement autonome

C'est ainsi qu'on observe en Indonésie une progression constante du PIB par habitant depuis dix ans, signe de l'émergence rapide d'une classe moyenne qui a bondi de 81 à 231 millions d'habitants entre 2003 et 2010. De quoi entretenir une machine économique atténuer la sensibilité du pays au cours des matières premières (l'archipel regorge de réserves de pétrole, de charbon et de nickel). Si les importations de biens d'équipements ont ramené le pays à une situation de déficit commercial en 2012, au moins l'Indonésie peut-elle se féliciter du fait que son développement économique ne se soit pas essentiellement fondé sur les exportations, contrairement à celui de la Chine. Alors que son puissant voisin du nord voit son économie ralentir, l'archipel indonésien devrait au contraire accélérer, avec une croissance attendue à 6,5% en 2014. le pays semble avoir retenu les leçons du passé, à commencer par les dangers du surendettement. En 1998, le pays était tombé au rang de 37e puissance économique. Il pointe aujourd'hui en 16e place, derrière la Corée du Sud, mais devant les Pays-Bas.

Emmanuel Schafroth

Lire aussi
Le Brésil, géant aux pieds d'argile ?