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Législatives en Côte d’Ivoire: un scrutin ouvert avec toutes les grandes formations politiques

·4 min de lecture

Ce samedi 6 mars 2021, 7,5 millions d’électeurs ivoiriens sont appelés aux urnes pour renouveler leurs 255 députés. Un scrutin très important, puisque, pour la première fois depuis dix ans, toutes les grandes formations politiques y participent. Les partisans de Laurent Gbagbo, qui boycottaient toutes les élections depuis 2011, reviennent dans l’arène électorale. Le jeu est donc particulièrement ouvert. Tous les camps jouent gros et appellent leurs électeurs à se mobiliser.

Avec notre correspondant à Abidjan, Pierre Pinto

Qui pèse quoi ? Voilà la question à laquelle devrait permettre de répondre le scrutin de ce samedi. Après une présidentielle 2020 boycottée par l’opposition, et après plusieurs scrutins sans le FPI « Gbagbo ou rien », pour la première fois, les grands blocs pourront se mesurer.

Lâché par ses ex-alliés, le RHDP entend quand même conserver sa majorité

Ce scrutin arrive après une recomposition du paysage politique ivoirien. Aux dernières législatives de 2016, le RHDP, qui était à l’époque une alliance entre le RDR d’Alassane Ouattara et le PDCI de Henri Konan Bédié, avait remporté 167 sièges. 76 sièges étaient conquis par des indépendants.

L’édition 2021 s’annonce plus difficile pour le RHDP, qui souhaite garder la majorité absolue, fixée à 128 sièges. Pour la conserver, le RHDP aligne une trentaine de ministres, de barons du parti et de proches collaborateurs d’Alassane Ouattara. Les candidats du pouvoir n’ont pas lésiné sur les moyens durant la campagne.

Les alliés d’hier du RHDP sont devenus ses adversaires. Le PDCI s’est même associé aux pro-Gbagbo d’EDS, dans l’espoir de conquérir l’Assemblée. Ils présentent près de 240 candidats. Dans la plupart des cas, il s’agit de candidatures uniques, à quelques exceptions près, comme à Gagnoa sous-préfecture, au cœur d’une région considérée comme un fief de Laurent Gbagbo.

Un seul tour et de multiples enjeux pour chaque camp

Pascal Affi N’Guessan, laissé à l’écart de l’entente Bédié-Gbagbo, a lui aussi constitué un petit bloc d’opposition avec le COJEP de Blé Goudé et l’UDPCI de Mabri Toikeusse. Ce bloc présente 85 candidats et espère pouvoir constituer un groupe parlementaire. Enfin, il y a les indépendants. Ils sont environ 800, soit plus de la moitié des candidats, et joueront souvent les trouble-fêtes.

Aux législatives ivoiriennes, il n’y a qu’un seul tour. D’où la nécessité de de conclure des accords électoraux en amont des élections. Sur les 205 circonscriptions, 169 sont soumises au scrutin uninominal : un seul fauteuil est en jeu, et le candidat arrivé en tête est élu. Mais 36 circonscriptions comptent plusieurs sièges. Et là, pas de proportionnelle : c’est la liste arrivée en tête qui rafle tous ces sièges. Dans des circonscriptions comme Yopougon ou Abobo, la liste qui l’emporte rafle six postes de députés d’un coup.

La circonscription de Yopougon représente d’ailleurs un défi important : l’alliance PDCI-EDS tentera de reprendre ce qui était considéré autrefois comme un bastion pro-Gbagbo, et sur lequel le RHDP a pris la main il y a dix ans.

► À voir aussi: Législatives en Côte d’Ivoire: les enjeux d'une des élections les plus ouvertes depuis 25 ans

La participation, une clé de ce scrutin

Aux dernières législatives en 2016, la participation avait à peine dépassé 34%. En 2018, les municipales avaient attiré 36% des inscrits, et aux élections régionales, le taux de participation avait atteint 46,4%. En 2020, quatre mois avant la présidentielle, la révision des listes électorales avait suscité un engouement inédit. Tous les partis avaient même demandé, et obtenu, la prolongation de l’opération. À l’arrivée, 900 000 nouveaux électeurs s’étaient inscrits, soit deux fois plus que lors de la précédente révision des listes en 2018.

Après une présidentielle boycottée par l’opposition et marquée par des mois de violences politiques et de tensions meurtrières (87 morts et des centaines de blessés), les états-majors espèrent que, ce samedi, de nombreux électeurs vont se rendre aux urnes pour s’exprimer.

Les partisans du parti au pouvoir veulent conforter la victoire de leur champion, Alassane Ouattara, et lui permettre d’avoir les mains libres à l’Assemblée pour mener sa politique. Ceux de l’opposition, pour lesquels ce sera la première occasion de faire entendre leur voix depuis trois ans, voudront répondre à l’appel de leurs leaders de ne pas laisser ce qu’ils appellent le « pouvoir absolu » au RHDP. D’autant que cette fois, la campagne s’est déroulée dans un climat apaisé, plus propice à faire en sorte que les électeurs, qui ne sont pas forcément des militants, décident d’aller glisser un bulletin dans l’urne.