Marchés français ouverture 4 h 13 min

Krach boursier : «Nous visons un rebond avec une courbe en V»

Comment analysez-vous la crise en cours ?

Alain Bokobza : Les marchés font face à une crise sévère du fait de l'épidémie de coronavirus, qui fait apparaître deux séquences distinctes.

La première oblige les pays au confinement strict pour éviter une propagation exponentielle de la maladie et un engorgement des services hospitaliers, ce qui désorganise et arrête brutalement l'économie. La deuxième séquence permet un redémarrage de l'activité.

C'est ce qui semble se produire en Chine suite à une politique très stricte de confinement. Pékin est désormais désynchronisé par rapport aux autres pays face à la crise du coronavirus. Les économies occidentales devraient être en mesure de suivre le même parcours, en imposant des mesures associées à des sanctions.

Forte inconnue dans le calendrier

Nous visons un rebond avec une courbe en V, lorsque ces conditions seront réunies. Ce qui suppose une réussite complète de la première séquence, et une bien meilleure coordination de la réponse économique au niveau mondial. L'inconnue dans le calendrier reste forte pour l'Europe, et aussi pour les États-Unis, compte tenu de l'organisation de leur système de santé.

Peut-on faire face ?

Alain Bokobza : Nous sommes durablement entrés dans un monde à taux d'intérêt très bas. Les taux des obligations d'État sont très faibles sur des durées longues, et négatifs sur des échéances plus courtes en valeur nominale, avant même la prise en compte de l'inflation.

Les taux directeurs des banques centrales, eux, évoluent autour de zéro au Japon et en zone euro. Ils viennent de se rapprocher de zéro aux États-Unis.

Le niveau de risque s'est élevé sur les obligations d'entreprises du fait du niveau d'endettement, surtout aux États-Unis pour de nombreux secteurs, tels les producteurs de gaz de schiste. Les obligations d'État sont donc préférées dans ce contexte.

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