Korian, KPMG, Danone : "société à mission", le risque du coup de com'

Korian/Guillaume Leblanc

Comme Korian qui va devenir une société à mission, ce statut créé par la loi Pacte en 2019 a déjà séduit plus de 1.000 entreprises. Au risque d'attirer des brebis galeuses en quête d'un coup de com' pour redorer leur image.

Formation interne diplômante, fonds de solidarité pour les salariés en difficulté, meilleur suivi de la satisfaction des résidents, trajectoire bas-carbone… Le leader européen des maisons de retraite Korian a dévoilé, le 25 avril, son plan d’action pour finaliser sa transformation en entreprise à mission. Dix premiers chantiers seront lancés le 1er juillet prochain, après l’assemblée générale du 15 juin, a précisé le groupe qui, au passage, changera de nom pour s’appeler Clariane. Une façon de tourner la page après la crise du Covid-19 et les répercussions du scandale des Ehpad provoqué par la sortie du livre Les Fossoyeurs sur les dérives de son concurrent Orpea.

"A travers les initiatives que nous allons déployer, nous voulons œuvrer de façon concrète à renforcer la qualité du lien entre soignant et patient et nous engager pour la santé de nos collaborateurs, pour leur promotion par la formation ainsi que pour le renforcement de notre ancrage territorial", a déclaré Sophie Boissard, directrice générale du groupe qui est par ailleurs confronté à des difficultés majeures de recrutement et cherche à rendre ses métiers plus attractifs.

Le cap des 1.000 sociétés à mission franchi

Korian va ainsi grossir le bataillon d’entreprises qui se sont transformées en société à mission depuis que ce statut a été introduit par la loi Pacte en 2019. Au total, selon le baromètre de l’Observatoire des sociétés à mission publié fin mars, 1.008 groupes de tous secteurs avaient rejoint ce mouvement fin 2022. Depuis les pionniers comme la Maif, Danone ou Groupe Rocher (Yves Rocher, Petit Bateau), jusqu’aux plus récents aficionados KPMG, Doctolib, Back Market, Babilou ou la Banque postale. Leur nombre a quintuplé en deux ans et quasi doublé en un an. "La dynamique s’amplifie et, comme on l’a vu dans l’immobilier ou l’agroalimentaire, lorsqu’un acteur d’un secteur franchit le pas, ses concurrents suivent", observe Errol Cohen, avocat au cabinet Le Play, spécialisé gouvernance des entrepris[...]

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