La bourse est fermée
  • Dow Jones

    34 759,04
    -55,35 (-0,16 %)
     
  • Nasdaq

    15 160,76
    -0,77 (-0,01 %)
     
  • Nikkei 225

    30 323,34
    -188,37 (-0,62 %)
     
  • EUR/USD

    1,1759
    -0,0067 (-0,56 %)
     
  • HANG SENG

    24 667,85
    -365,36 (-1,46 %)
     
  • BTC-EUR

    40 435,39
    -659,09 (-1,60 %)
     
  • CMC Crypto 200

    1 220,56
    -12,73 (-1,03 %)
     
  • S&P 500

    4 473,14
    -7,56 (-0,17 %)
     

JO - Surf - Stéphane Corbinien (directeur de la performance à la Fédération française de surf) : « On savait que ce serait très compliqué »

·5 min de lecture

Directeur de la performance au sein de la Fédération française de surf, Stéphane Corbinien a encadré les quatre surfeurs tricolores lors des JO de Tokyo. Il dresse le bilan de ces Jeux. « Après trois jours de compétition, et des résultats plutôt mitigés (Michel Bourez 5e ; Jérémy Florès, Johanne Defay et Pauline Ado 9es), quelle est l'ambiance au sein de l'équipe de France ?
Honnêtement, elle est bonne et elle l'a toujours été malgré la déception. Il faut savoir que l'aventure olympique a commencé au Salvador (lors des Mondiaux ISA début juin), c'était assez intense et on a enchaîné très vite avec le Japon. On ne s'est pas séparé très longtemps et on est resté en contact permanent notamment à cause du contexte et des contraintes. Le groupe est resté soudé. lire aussi Toute l'actu du surf Avant les jeux, le DTN Michel Plateau avait annoncé viser deux médailles. Il n'y en a finalement eu aucune. Quel bilan tirez-vous de ces JO pour l'équipe de France ?
Le DTN est dans sa posture, il a raison, il a de l'exigence, il demande de la performance. J'étais un peu plus modéré parce que, depuis longtemps, je savais que ces JO seraient très compliqués. Il a fallu construire notre arrivée en tant que nouveau sport dans les Jeux. La pandémie a complexifié notre système, avec finalement deux olympiades en trois ans (2021 et 2024). On savait qu'il y aurait un côté aléatoire très difficile et qui ne privilégierait pas trop nos surfeurs élites, qui ne sont pas forcément en train de surfer ce type de vagues à l'année. Mais bon, ça fait partie du jeu quand on est dans l'élite mondiale, on doit être capable de s'adapter à toutes les conditions. Donc oui on est venus pour performer et décrocher des médailles mais, en restant lucide, on savait que ce serait très compliqué. On a une partie de la performance qui est encourageante : on a rentré tout le monde dans le top 9 mondial de ces Jeux, ce qui n'est pas rien. Et on a une magnifique 5e place de Michel Bourez. Mais une autre partie est décevante. Avec Johanne (Defay), on pensait réellement qu'elle avait un coup à jouer. Tout ça va nous permettre de construire des choses pour Paris 2024. Qu'avez-vous pensé du système de notation, qui a engendré quelques malentendus ?
Quand on fait du sport de haut niveau, on doit faire avec l'arbitrage. Sur le résultat final, les meilleurs ont gagné la compétition. La photo finish est sans appel. Et ce n'était pas des JO au rabais. Techniquement, les surfeurs ont proposé des choses de très haut niveau dans toutes les séries. Les conditions étaient très complexes. Je ne pense pas qu'il faille entrer sur une remise en cause du jugement. Par contre, on peut noter qu'il y a eu une escalade de la notation aux airs ces dernières années. Elle est en train de se tasser, et heureusement. On revient à des notations plus raisonnables. Mais, pour moi, l'équilibre n'est pas encore totalement là, tout n'est pas résolu. Il y a les fondamentaux du surf à analyser et il faut avoir une remise en cause permanente. Sinon, on va se retrouver avec un surf uniquement de gymnastes. La base du surf, c'est la vague. Et je pense que Teahupoo (Tahiti) va remette les pendules à l'heure. « Il y a beaucoup de travail car notre réservoir est plus faible » Justement, dans trois ans, ce sera Paris 2024 avec la compétition à Teahupoo. Quels sont les chantiers prioritaires pour le staff de l'équipe de France ?
On est dans les chantiers, donc on est déjà dans 2024. On a prévu d'être à Tahiti cette année pour accompagner nos surfeurs de l'élite sur la compétition du circuit pro (en août). Sur place, on a un entraîneur olympique (Hira Teriinatoofa), on essaie de se mettre en ordre de marche le plus rapidement possible. On est déjà dans la bataille d'être le plus performant possible à Teahupoo. L'idée est d'avoir les surfeurs les plus performants sélectionnés pour les JO. Michel Bourez (35 ans) est très motivé pour continuer sa carrière jusqu'en 2024. Jérémy Florès (33 ans), on peut douter qu'il sera encore en activité. La priorité va-t-elle devenir de pousser et d'encadrer au mieux des surfeurs comme Kauli Vaast (19 ans) ?
On est dans l'obligation de penser comme ça. Kauli est dans nos tablettes, comme d'autres comme Vahiné (Fierro). Il faut anticiper, car il faut aussi se projeter sur Los Angeles (JO 2028). Nous sommes obligés d'anticiper car nous ne sommes pas une nation qui a une réserve aussi importante que les autres grandes nations du surf. On les titille. Juste devant nous, il y a les Brésiliens, les Australiens, les Américains et les Japonais. On est juste derrière. On est capable de bousculer l'échiquier mondial. Michel, Jérémy et Joan Duru l'ont prouvé. Maintenant, il faut aider la relève à se construire pour être dans la continuité de ces surfeurs qui ont fait des performances incroyables. Mais il y a beaucoup de travail car notre réservoir est plus faible. On est obligé de travailler sur le qualitatif, pas le quantitatif. »

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles